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Usine Atmel: les syndicats craignent la suppression de 300 emplois en cas de reprise

Vendredi 13 Fév 2009 à 16:03

Trois cents emplois sur environ 1.300 seront supprimés en cas de reprise de l'usine de Rousset près d'Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) mise en vente par le groupe de microélectronique américain Atmel, a-t-on appris vendredi auprès des syndicats.

Ces suppressions de postes s'ajouteraient à 161 départs volontaires annoncés à l'automne 2008 dans le cadre d'un plan social "qui devait pérenniser l'activité", a souligné, amer, le syndicat CFDT, majoritaire.

Mais cette nouvelle restructuration serait un moindre mal, selon le syndicat qui redoute une fermeture pure et simple du site, faute de repreneur.

"On aimerait être racheté mais ça va être très difficile. Les principaux acteurs du secteur en Europe se désengagent" au profit de pays comme la Chine, a expliqué Jean-Yves Guerrini, délégué CFDT, devant environ 200 salariés qui ont débrayé pour se réunir devant l'usine vendredi.

Cependant, si le site devait fermer, les représentants du personnel sont déterminés à faire payer les pots cassés à la maison mère américaine.

"L'usine, ils ne l'ont pas encore vendue, mais aujourd'hui elle ne leur appartient déjà plus. On est chez nous ici et s'il faut raser le site, on le fera", a lancé M. Guerrini, présent depuis 20 ans dans l'entreprise.

Une réunion est prévue mardi avec la direction du site à son retour des Etats-Unis.

Atmel a annoncé la mise en vente du site de Rousset le 4 février en se donnant 12 mois pour la concrétiser. Les syndicats demandent que le personnel soit représenté au sein d'un comité de pilotage.

Ils réclament aussi que l'entreprise assure un an de salaire aux employés dont les postes seront supprimés, avant qu'ils aillent aux Assedic, "car ce n'est pas à la collectivité de payer quand un site viable est fermé pour des raisons uniquement financières".

Selon eux, l'usine ne pâtit pas de la crise, mais la direction réduit les entrées de produits afin d'interrompre, à terme, l'activité. "En huit mois, ils auront vidé la chaîne de production", avance M. Guerrini.

Dans le même temps, les cadences sont augmentées afin d'imposer des semaines de chômage partiel, expliquent les syndicats qui exigent une rémunération à 100% des salariés mis au chômage partiel.

Les salariés estiment enfin que les pouvoirs publics devraient exiger un remboursement des subventions, estimées à 90 millions d'euros, touchées par le groupe américain depuis son implantation, notamment pour la recherche et développement.

"Aujourd'hui, il y a de l'argent public français qui sert à développer des technologies à Taiwan, c'est inacceptable", déplore Bruno Mussard, chef de projet, qui souligne aussi que des produits conçus à Rousset sont vendus par Atmel depuis la Suisse pour contourner la fiscalité française.

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