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Les marchés d'Asie plongent, déprimés par RBS et Toyota, et comptent sur Obama

Mardi 20 Jan 2009 à 07:37

Les marchés d'Asie rechutaient mardi, les investisseurs redoutant un regain de la crise après l'effondrement de Royal Bank of Scotland (RBS), alors que le géant automobile japonais Toyota, dont les ventes ont reculé en 2008, a remplacé son PDG et envisagerait 3.000 suppressions d'emplois.

A Tokyo, l'indice nikkei chutait de 2,31% à la clôture, juste au-dessus des 8.000 points.

Seul espoir des courtiers mardi, un effet Obama qui pourrait remonter le moral des marchés pour l'investiture du nouveau président américain.

L'indice Hang Seng de la Bourse de Hong Kong perdait 2,12%, et l'indice composite de Shanghai se stabilisait à +0,37%. Séoul a clôturé en baisse de 2,1%, Singapour de 1,82%, Sydney 3,1%, Taipei 2,84%, Manille 1,30% et Jakarta 1,59%, tous plombés par les valeurs bancaires et financières.

Les marchés asiatiques ont suivi le même chemin que les places européennes, dont la plupart ont fortement baissé lundi après l'annonce par RBS d'une possible perte de 28 milliards de livres (31 milliards d'euros) en 2008, ce qui constituerait un record absolu au Royaume-Uni. Le groupe a évoqué la crise du crédit et des dépréciations liées à l'acquisition d'ABN Amro.

Simultanément, le gouvernement britannique a dévoilé un nouveau plan de soutien aux banques, le deuxième en trois mois.

Autre nouvelles inquiétante mardi matin, Toyota a annoncé un recul de ses ventes de 4% en 2008 et dans la foulée a remplacé son PDG par Akio Toyoda, petit-fils du fondateur. En outre, selon la presse, Toyota prévoit de supprimer à nouveau 3.000 postes de travail temporaires au Japon.

En décembre, le moral des ménages japonais a atteint son plus bas niveau depuis 1982, date de la naissance de l'indice de confiance des consommateurs au Japon. Les Japonais craignent notamment de plus en plus pour leur emploi.

L'automobile restait dans l'épicentre de la crise: le groupe italien Fiat s'apprêterait à prendre une participation de 35% au capital de son concurrent américain Chrysler, selon le Wall Street Journal.

Sur les marchés des changes l'euro a encore reculé face au dollar, atteignant son plus bas depuis 1 mois, sous les 1,30 dollar, victime d'un rapport très pessimiste de Bruxelles sur les perspectives économiques en Europe. La livre dégringolait également après les pertes abyssales de RBS.

Quelques courtiers se prenaient à espérer, sans trop y croire, un rebond de Wall Street mardi pour célébrer l'arrivée de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis. La Bourse de New York était fermée lundi en raison d'un jour férié.

"C'est la semaine d'Obama. Nous n'avons eu aucun espoir et aucune chance au cours des deux derniers mois. Mais dans leur coeur, les gens pensent que la fortune pourrait à nouveau leur sourire à compter du 20 janvier", a raconté à Dow Jones Newswires Kazuaki Ohe, un dirigeant de CIBC World Markets à Tokyo.

Un petit vent d'optimisme soufflait ainsi à Paris avant l'ouverture: le contrat à terme sur le CAC 40 grignotait 0,36% une quarantaine de minutes avant le début de la séance.

Les déboires de Royal Bank of Scotland n'ont pas été la seule mauvaise nouvelle de la journée de lundi. Selon les prévisions actualisées de la Commission européenne, le Produit intérieur brut (PIB) devrait reculer de 1,9% en 2009 dans la zone euro, qui subira ainsi la première contraction de son économie sur l'ensemble d'une année depuis sa création il y a dix ans.

La Commission prévoit que cette récession généralisée s'accompagnera d'une hausse du taux de chômage de près de trois points entre 2008 et 2010. Il devrait atteindre, selon elle, 10,2% en 2010, dépassant ainsi les 10% pour la première fois depuis 1998. Le taux de chômage devrait atteindre un niveau particulièrement terrifiant en Espagne: 18,7%.

En France, les défaillances d'entreprises ont progressé de 10,3% en 2008 par rapport à l'année précédente, avec une accélération brutale au second semestre, selon la société Altarès, spécialisée dans l'information sur les entreprises. Il s'agit de la hausse la plus forte enregistrée depuis 1991.

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