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Bush et Obama pressent le Sénat de sauver les constructeurs automobiles

Jeudi 11 Déc 2008 à 22:51

Le président sortant George W. Bush et son successeur Barack Obama ont joint leur voix jeudi pour porter secours aux constructeurs automobiles, mais les perspectives d'un plan de sauvetage dont le sort dépendait d'une minorité de sénateurs semblaient sombres.

"En cette période de grandes difficultés pour notre économie, nous ne pouvons pas nous permettre d'assister sans rien faire à l'effondrement de ce secteur", a déclaré M. Obama, le jour où étaient publiées de nouvelles données record sur le chômage.

Laisser les trois grands de Detroit (Ford, et surtout General Motors et Chrysler) faire faillite aurait un effet "dévastateur" sur l'économie, et l'Etat fédéral doit immédiatement leur apporter une aide financière à court terme, a-t-il dit. Une proposition de loi actuellement devant le Congrès constitue un "pas important", a-t-il dit.

Mais les déclarations de plusieurs sénateurs républicains, à commencer par celles de leur chef de file Mitch McConnell, ne présageaient rien de bon pour ce texte.

"Nous ne pouvons tout simplement pas demander au contribuable américain de subventionner les manquements des autres", a dit M. McConnell.

De M. McConnell et des autres Républicains du Sénat dépend entièrement le sort du plan de sauvetage qui a été approuvé mercredi par les membres de l'autre chambre du Congrès, la Chambre des représentants.

Les Républicains sont minoritaires dans les deux chambres, mais ils peuvent se servir de la procédure pour rejeter la proposition. Certains Démocrates ont eux aussi leurs objections.

Devant tant d'incertitude, la Bourse de New York a terminé en nette baisse jeudi: le Dow Jones a perdu 2,24% et le Nasdaq 3,68%.

L'administration de M. Bush, qui a négocié et qui soutient la proposition de loi, se démenait pour rallier assez de ses alliés républicains pour la faire adopter.

L'administration et les démocrates, ses adversaires majoritaires au Congrès, essaient depuis plusieurs jours de faire adopter urgemment le plan sans lequel un géant de l'automobile comme General Motors dit qu'il pourrait ne plus être en mesure d'honorer ses créances d'ici à la fin de l'année.

La proposition devant le Congrès prévoit d'accorder à General Motors et Chrysler une aide de 14 milliards de dollars pour se maintenir à flot jusqu'au 31 mars.

Ford dit ne pas avoir un besoin aussi urgent de liquidités.

En contrepartie, les constructeurs, victimes de la crise économique, de la chute de leurs ventes et de leurs erreurs stratégiques, seraient tenus de soumettre d'ici au 31 mars des plans de vaste restructuration garantissant leur viabilité à long terme.

Cette nouvelle intervention gouvernementale dans le privé met à l'épreuve les principes, révérés aux Etats-Unis, de la libre entreprise. Certains sénateurs républicains disent que les constructeurs doivent assumer la loi du marché et leurs erreurs et être mis en faillite, qu'ils s'en remettent ou non.

D'autres, moins intransigeants, réclament que des pouvoirs plus contraignants soient accordés au responsable (le "tsar de l'automobile") que nommerait le président et qui aurait autorité sur le plan de sauvetage.

Une contre-proposition faite par le sénateur républicain Bob Corker stipule que les constructeurs devraient abaisser leurs coûts salariaux au niveau de leurs concurrents étrangers. Elle imposerait des sacrifices douloureux aux puissants syndicats.

Dans leur lobbying auprès des Républicains, M. Bush en personne et ses collaborateurs devaient manier un argument massue, le jour où le département du Travail annonçait que le nombre des Américains demandant pour la première fois des indemnités chômage avait atteint son plus haut depuis 26 ans.

"Nous pensons que l'économie est tellement affaiblie en ce moment qu'ajouter la perte possible d'un million d'emplois est quelque chose que notre économie ne pourrait pas supporter", a dit la porte-parole de M. Bush, Dana Perino.

Mais après la défaite à la présidentielle et aux législatives, M. Bush n'était pas sûr d'être entendu des Républicains.

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