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La crise financière a dominé les sommets de Québec

Samedi 18 Oct 2008 à 17:30

La crise financière et les moyens de la juguler ont dominé vendredi deux grandes réunions au Québec: un sommet entre l'Union européenne et le Canada et celui de la Francophonie, ouvert dans l'inquiétude sur le sort des pays du sud.

Le président en exercice de l'UE Nicolas Sarkozy, arrivé dans la matinée avec le président de la commission européenne Jose Manuel Barroso, a estimé que "le principe était acquis" d'un sommet international destiné à "refonder un capitalisme plus respectueux de l'Homme". MM. Sarkozy et Barroso doivent rencontrer samedi à Camp David le président George W. Bush.

Quant à tenir ce sommet "avant la fin de l'année, j'ai l'impression que c'est acquis", a-t-il également affirmé lors d'une conférence de presse conjointe avec M. Barroso et Stephen Harper, le Premier ministre canadien, à l'issue d'un sommet-express UE/Canada.

Selon lui, ce sommet devrait réunir les pays du G8, élargi au G5, c'est-à-dire les cinq pays émergents que sont la Chine, l'Inde, le Brésil, le Mexique et l'Afrique du Sud, ainsi qu'à "un pays arabe", sans quoi, selon lui, un tel sommet serait "étrange". Le président français a également jugé que "la plus grande erreur serait de ne voir dans (la) crise financière qu'une parenthèse et de croire qu'une fois les marchés calmés et les banques sauvées, tout pourrait recommencer comme avant".

Dans un communiqué, MM. Sarkozy, Barroso et Harper ont "salué les mesures qui ont d'ores et déjà été prises pour répondre à la crise financière et convenu de coordonner leurs actions nationales et collectives face à cette crise". Ils ont endossé la "convocation d'un sommet international avant la fin de l'année afin de poursuivre et appuyer ces efforts".

Toutefois, cette ambition pourrait se heurter aux résistances américaines. A trois semaines de l'élection du successeur de M. Bush, sa porte-parole Dana Perino a estimé que "trouver une date" pour ce sommet "est le moindre de nos soucis".

La tourmente financière s'est aussi invitée au sommet de la Francophonie, qui a débuté dans la soirée en présence du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et d'une trentaine de chefs d'Etat et de gouvernement. En ouvrant la conférence, M. Harper a invité la communauté internationale à être attentive à l'impact de la crise financière internationale sur les pays pauvres.

Et M. Sarkozy s'est demandé comment on pouvait "régler les grands problèmes du monde" sans un pays africain ou sud-américain comme membre permanent au Conseil de sécurité de l'ONU. "La crise (financière) doit être une opportunité de bousculer les habitudes et de refuser les facilités", a-t-il plaidé.

Selon le projet de déclaration finale obtenu par l'AFP, la Francophonie va s'engager à "soutenir la tenue d'un sommet international" pour donner une réponse "urgente et coordonnée" à la crise qui affole les marchés mondiaux.

A l'issue de leur sommet, l'Union européenne et le Canada ont annoncé leur intention de lancer un processus visant à parvenir à un "ambitieux" partenariat économique "renforcé" entre eux, mais dont les négociations ne commenceront que l'an prochain.

La visite de M. Sarkozy a aussi eu un volet franco-québécois, avec le premier discours devant l'Assemblée nationale québécoise d'un chef de l'Etat français. Il a exalté la relation "unique" entre le Québec et la France, tout en exprimant son amitié pour le Canada. Le président français et le Premier ministre du Québec Jean Charest ont également signé un accord sur la mobilité professionnelle entre le Québec et la France, ce qui constitue une première mondiale entre des gouvernements de deux continents différents.

En raison de son départ samedi en milieu de journée pour Camp David, Nicolas Sarkozy n'assistera qu'à la moitié du sommet de la Francophonie, mais il sera relayé par le Premier ministre François Fillon.

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