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Le Medef prône la fin des rémunérations record pour les patrons qui échouent

Lundi 06 Oct 2008 à 17:57

Pressé par le gouvernement et les récentes polémiques autour des "parachutes dorés", le patronat a dévoilé lundi ses propositions pour encadrer les rémunérations des patrons, s'opposant notamment aux indemnités record pour les dirigeants dont le bilan est mauvais.

Vendredi, Nicolas Sarkozy avait posé un ultimatum au patronat, lui demandant ses recommandations avant le Conseil des ministres de mardi.

C'est un "travail libre de toute pression", que la présidente du Medef, Laurence Parisot, a pourtant affirmé dévoiler lundi matin.

"Nous avons commencé à travailler depuis six mois, le gouvernement vole au secours de la victoire", a-t-elle lancé, tout en disant avoir avec le président "un partage de vue assez large" sur le sujet.

Dans son nouveau "code de gouvernement d'entreprise", élaboré avec l'Association française des entreprises privées (Afep), le Medef souhaite encadrer les rémunérations des grands dirigeants, maintes fois décriées.

Dernière polémique en date: l'indemnité de départ de 3,7 millions d'euros à laquelle Axel Miller, le patron de la banque franco-belge Dexia sauvée de la faillite, a dû renoncer sous la pression du gouvernement français.

Nicolas Sarkozy a d'ores et déjà souhaité que les dirigeants ne puissent pas prétendre à un parachute doré "lorsqu'ils ont commis des fautes ou mis leur entreprise en difficulté".

"Nous n'acceptons plus que des dirigeants en situation d'échec puissent recevoir une indemnité de départ", a, à son tour, déclaré lundi Laurence Parisot.

Ces conditions de performance "doivent être exigeantes et n'autoriser l'indemnisation d'un dirigeant qu'en cas de départ contraint et lié à un changement de contrôle ou de stratégie", a précisé le Medef. Dans ce cas, l'indemnité ne pourra excéder "deux ans de rémunération", soit exactement ce qu'était censé toucher Axel Miller.

Le mouvement patronal n'a toutefois fixé aucune limite en valeur à ce plafond.

"Nous ne voulons pas nous limiter", a justifié Laurence Parisot, par crainte de voir "les meilleurs dirigeants partir ailleurs" ou de peur "qu'aucun investisseur étranger ne veuille plus venir chez nous".

Faisant écho à la volonté de Nicolas Sarkozy, le Medef a aussi proposé d'encadrer les "stock options", en les soumettant à des conditions de performance et en obligeant les patrons à associer leurs salariés aux bénéfices des entreprises.

Il recommande également l'interdiction du cumul entre le statut de dirigeant mandataire social et celui de salarié, et souhaite mieux encadrer les régimes de retraite supplémentaires.

Autant de propositions qui devront s'appliquer aux futurs dirigeants ou en cas de renouvellement de mandat.

"Un conseil d'administration qui examine une rémunération devra tout considérer: la partie fixe, les bonus, les stock options, les jetons de présence", a souligné Mme Parisot.

Rétive à toute loi sur le sujet, la présidente du Medef va sommer les entreprises cotées d'adhérer à ses recommandations.

Si elles n'appliquent pas l'un des éléments du code, elles devront s'en expliquer devant "le Medef et l'Afep, leurs actionnaires et le grand public", a-t-elle dit.

Nicolas Sarkozy, qui a promis de "moraliser le capitalisme", devrait évoquer dès mardi en Conseil des ministres, la rémunération des dirigeants.

Le PS a de son côté estimé lundi que le sujet ne devait pas se limiter à la mise en cause des "parachutes dorés" mais porter aussi sur leurs "rémunérations excessives".

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