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Sarkozy réussit à restaurer l'unité de façade des Européens face à la crise

Dimanche 05 Oct 2008 à 12:57

En parvenant à faire endosser à ses partenaires un catalogue de mesures d'urgence, Nicolas Sarkozy a réussi samedi à rétablir, le temps d'un mini-sommet à Paris, l'unité des grands de l'Europe face à la crise financière, même si toutes leurs divergences sont loin d'être effacées.

Apparues singulièrement divisés ces derniers jours, la France, l'Allemagne, l'Italie et la Grande-Bretagne se sont engagées samedi, après trois heures de discussions à l'Elysée, à agir de façon coordonnée pour protéger leurs banques en difficulté, pour sanctionner leurs dirigeants et pour tenter de réformer l'architecture financière mondiale.

Lors de la conférence de presse qui a conclu ses travaux, le président en exercice de l'Union européenne (UE) affichait donc le sourire des grands soirs. Sans même qu'on lui pose la question, Nicolas Sarkozy s'est longuement réjoui de l'unité affichée par le "G4".

"Ce qui est très important, c'est que devant une crise mondiale l'Europe existe et présente une réponse", a-t-il souligné.

"Evidemment qu'il y a des différences entre nos cultures, sinon on aurait pas besoin de se voir", s'est exclamé le président français, allusion directe à la polémique qui a déchiré les Européens sur l'opportunité de créer un fonds européen pour secourir les établissements financiers des 27.

"Chacun de nos pays a ses règles, sa législation, sa culture, mais chacun a décidé de faire un pas vers l'autre, nous devons présenter un visage cohérent", s'est réjoui Nicolas Sarkozy.

Autre motif de satisfaction du président français, avoir obtenu l'imprimatur de ses trois partenaires pour la tenue "le plus tôt possible" du "Bretton Woods" de la finance mondiale qu'il avait proposé à ses pairs le 23 septembre depuis la tribune de l'ONU à New York.

"Ce qui est important, c'est que nous nous engagions tous ensemble pour l'organisation d'un sommet pour que, demain, les mêmes causes ne produisent pas les mêmes effets", a-t-il souligné, "on est tous d'accord là-dessus".

Samedi soir, l'entourage de Nicolas Sarkozy ne cachait pas sa satisfaction. "La déclaration a une signification forte, parce que c'est un engagement au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement", indiquait un proche conseiller, "ce qui compte, c'est la solennité" de l'événement.

Sur un terrain plus politique, le camp présidentiel se réjouissait aussi d'avoir fait "avaler" aux Européens à l'idée d'un "assouplissement" du pacte de stabilité européen pour cause de "circonstances exceptionnelles", avancée par Nicolas Sarkozy lors de son discours du 25 septembre.

"En fait, c'est tout le discours de Toulon qui ressort et qui a été repris au niveau européen", s'est même félicité un de ses proches.

Mais, signe que l'unité affichée samedi soir pour rassurer l'opinion et les marchés n'était peut-être que de façade, le Premier ministre luxembourgeois et président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker a immédiatement tenu à poser les limites de cet "assouplissement". "Cela ne veut pas dire que l'on laisserait maintenant filer les déficits", a-t-il tempéré.

Si elle a accepté le principe d'une coordination, la chancelière allemande Angela Merkel est pour sa part restée campée sur sa préférence pour des actions "nationales". "Chaque pays doit prendre ses responsabilités au niveau national", a-t-elle rappelé.

Enfin, l'unité des quatre "grands" reste à faire partager aux 23 autres "petits" de l'UE. "C'est toujours un peu choquant que les quatre grands appellent à plus de coordination mais ne jugent pas bon de convoquer les petits pays", a ainsi relevé Gunther Cappelle-Blancard, professeur d'économie à l'université Panthéon-Sorbonne de Paris.

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