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Crise: réunion autour de Sarkozy qui promet des mesures et soutient Dexia

Mercredi 01 Oct 2008 à 00:00

Nicolas Sarkozy a réuni mardi à l'Elysée les principaux banquiers et assureurs français, promettant des mesures pour éviter un assèchement du crédit, alors que la crise financière contraint pour la première fois Paris à intervenir, en volant au secours du franco-belge Dexia.

Dans un climat de menaces encore alourdi par le refus lundi de la Chambre des représentants américaine d'avaliser le plan de sauvetage présenté par l'administration Bush, le chef de l'Etat a fait, pendant près d'une heure et demie, le point sur la situation des établissements financiers français.

A l'issue de cette réunion, l'Elysée a indiqué dans un bref communiqué que M. Sarkozy avait rappelé aux banquiers et assureurs "leur mission prioritaire de financement de l'économie", à savoir l'octroi de crédits.

Le gouvernement annoncera "à cet égard de nouvelles dispositions" d'ici "la fin de la semaine", a ajouté la présidence, sans plus de détails. Le Premier ministre, François Fillon, la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, le gouverneur général de la Banque de France, Christian Noyer et le directeur du Trésor, Xavier Musca, participaient à la rencontre.

De son côté, François Fillon a annoncé, dans une interview à paraître mercredi dans les Echos, que pour faciliter le crédit, il envisageait de "réaffecter" au financement de l'économie les "excédents de la collecte" du livret A, placement qui attire de plus en plus d'épargnants.

Les banques françaises "ne sont pas à l'abri de difficultés" liées à la crise financière mondiale "équivalente à celle de 1929" affirme François Fillon dans cette interview, assurant que l'Etat empêchera une quelconque "faillite".

En revanche concernant les assurances, "rien ne laisse à penser" qu'elles "soient vulnérables".

Le premier secrétaire du PS, François Hollande, a dénoncé mardi devant le Bureau national (BN) de son parti "la confusion" entretenue par "ceux qui ont dérégulé et appellent maintenant à la régulation" du système financier, visant notamment le Président Nicolas Sarkozy.

A la sortie de la rencontre avec le président, le directeur général du Crédit agricole, Georges Pauget, et le président d'Axa, Henri de Castries, ont répété leur confiance dans un système financier français "fiable" et "stable".

Même ton rassurant de la part de Mme Lagarde, pour qui "nous avons toutes les raisons de penser" que le secteur bancaire tricolore est "solide".

Avant cette réunion, le ministre du Budget, Eric Woerth, avait aussi affirmé qu'"aucun euro déposé sur un compte en banque ou une assurance vie ne (pouvait) être touché" en France.

Malgré les assurances réitérées ces derniers jours, les autorités françaises ont cependant, pour la première fois depuis le début de la tempête mondiale, été contraintes d'intervenir pour sauver une banque.

Mardi à l'aube, avant l'ouverture des marchés financiers, l'Etat s'est porté au secours du bancassureur franco-belge Dexia, dont l'action avait dévissé de près de 30% lundi.

Lors d'une réunion de crise à "5h00 du matin" en présence de MM. Fillon, Noyer et Musca et de Mme Lagarde, Nicolas Sarkozy a décidé de donner son feu vert au plan de sauvetage de Dexia, concocté dans l'urgence avec les autorités belges et luxembourgeoises.

Ce sauvetage "répond à notre conviction qu'aucune grande banque européenne ne doit être acculée à la faillite, et que les Etats doivent assumer leurs responsabilités afin de garantir la sécurité des déposants et le fonctionnement de l'économie", a expliqué M. Fillon.

Selon le schéma retenu, la Belgique et la France doivent chacune mettre 3 milliards d'euros au pot pour sauver la banque des collectivités locales. A l'issue de cette opération, l'Etat français et la Caisse des dépôts (CDC) détiendront plus de 25% du capital de Dexia, soit la "minorité de blocage", a souligné l'Elysée.

Malgré ce volontarisme affiché, l'opposition a haussé le ton, rejetant fermement les appels à "l'unité nationale" du Premier ministre. Au PS, Ségolène Royal a estimé qu'il n'était "plus temps de tergiverser", Bertrand Delanoë prônant un "échange responsable" entre gouvernement et opposition. François Bayrou (MoDem) a fustigé une politique "massivement erronée", qualifiant de "balivernes" l'idée qu'une réponse à la crise puisse être nationale.

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