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L'Ukraine va démanteler son joyau du gaz convoité par le russe Gazprom

Vendredi 02 Sep 2011 à 16:20

Le Premier ministre ukrainien, Mykola Azarov, a indiqué vendredi que Kiev allait démanteler en plusieurs groupes indépendants la société publique d'hydrocarbures Naftogaz que Moscou souhaiterait intégrer dans le géant russe Gazprom, renforçant les tensions entre les deux pays.

"Naftogaz, en tant qu'acteur économique, va cesser d'exister", a déclaré M. Azarov, cité par l'agence Interfax.

Il a expliqué que le groupe, qui avait signé en 2009 un accord sur dix ans avec Gazprom, serait divisé en une société indépendante chargée de la production et une société chargée du transit de gaz.

"Par conséquent, il faut réviser les contrats (en vigueur, ndlr) puisqu'il y aura une nouvelle entité économique", a-t-il dit.

Kiev envisage à terme d'introduire en Bourse Ukrgazvydobuvannia, la filiale chargée actuellement de la production de gaz.

De son côté, le président Viktor Ianoukovitch a ordonné au gouvernement de préparer et soumettre à l'examen du parlement d'ici le 1er octobre des projets de lois nécessaires à une réforme de Naftogaz, a annoncé la présidence dans un communiqué.

Vendredi, M. Ianoukovitch s'est envolé pour Douchanbé, la capitale du Tadjikistan, afin d'y participer à un sommet régional au côté du président russe Dmitri Medvedev. Selon Kiev, les deux hommes doivent y discuter de l'épineux dossier gazier.

Un responsable du Kremlin a cependant déclaré à la radio Echo de Moscou qu'aucune rencontre bilatérale entre les deux présidents n'était prévue.

La tension ne cesse de monter entre la Russie et l'Ukraine, qui tente depuis des mois de renégocier à la baisse le prix du gaz acheté à la Russie, qui s'élève actuellement à presque 400 dollars les 1.000 mètres cubes, selon Kiev.

Le Kremlin se dit prêt à baisser le prix à condition que Kiev accepte d'entrer dans l'Union douanière formée par la Russie, le Bélarus et le Kazakhstan, et de fusionner Naftogaz avec Gazprom. Kiev a maintes fois rejeté cette proposition.

Vendredi, Gazprom a réagi de façon ironique aux déclarations de M. Azarov.

"Bien sûr qu'après sa fusion avec Gazprom, Naftogaz cessera d'exister (...). Par conséquent, tous les accords existants à ce jour seront révisés", a déclaré le patron du groupe russe, Alexeï Miller, dans un communiqué.

"Il n'est pas du tout question de fusion, il est question de réorganiser une compagnie nationale pour accroître son efficacité, pour que nous puissions développer nous-mêmes notre secteur des hydrocarbures et mettre fin à notre dépendance énergétique", a aussitôt rétorqué le porte-parole du Premier ministre ukrainien, Vitali Loukianenko, cité par Interfax.

Kiev a déjà posé un ultimatum à Moscou pour trouver d'ici mi-octobre un accord à l'amiable dans le conflit sur le prix du gaz, menaçant en cas d'échec de contester en justice les contrats gaziers avec Gazprom.

En démantelant Naftogaz, Kiev fait un pas en direction de l'Union européenne, selon des experts.

"L'UE réclamait depuis longtemps une restructuration de Naftogaz", qui rendrait le secteur énergétique ukrainien plus transparent, a déclaré Dmytro Marounitch, directeur de l'Institut des recherches énergétiques à Kiev, interrogé par l'AFP.

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