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EDF et GDF plombés par les perspectives de sortie du nucléaire en Belgique et en France

Lundi 31 Oct 2011 à 19:40

Les discussions politiques à gauche en France sur des fermetures de centrales nucléaires et un plan d'arrêt de réacteurs belges après l'Allemagne et la Suisse plombaient lundi en Bourse les géants français de l'énergie EDF et GDF Suez, opérateurs historiques de l'atome français et belge.

Les négociateurs qui travaillent à la formation d'un nouveau gouvernement en Belgique se sont mis d'accord dimanche pour sortir du nucléaire dès 2015, sans néanmoins fixer de date précise pour la fermeture des premières tranches.

Après l'Allemagne et la Suisse (l'Italie ayant rejeté par référendum la construction de centrales), la Belgique confirmerait ainsi un plan de sortie anticipé de l'atome, malgré un accord de 2009 avec GDF Suez qui prévoyait de prolonger de dix ans jusqu'en 2025 la durée de vie des trois plus vieux réacteurs.

La nouvelle, qualifiée de "pire scénario" pour le groupe par les analystes d'Oddo Securities, a plombé le titre à la Bourse de Paris, qui a terminé sur une chute de 5,72% à 20,51 euros, dans un marché en forte baisse (-3,16%).

Interrogé par l'AFP, GDF Suez, opérateur via sa filiale belge Electrabel des deux centrales et des sept réacteurs belges, n'a pas souhaité faire de commentaire, se contentant de souligner qu'aucune annonce officielle n'avait été faite côté belge.

La tension est déjà vive entre Bruxelles et le groupe, le Premier ministre pressenti Elio di Rupo ayant l'intention d'augmenter une taxe sur la "rente nucléaire" sur les producteurs, d'actuellement 250 millions par an.

GDF Suez a lui-même menacé de fermer de façon anticipée les réacteurs de Doel 1, Doel 2 et Tihange 1, une menace réitérée la semaine dernière par son patron Gérard Mestrallet, qui demandait "un retour juste" pour les investissements du groupe en Belgique.

GDF Suez a déjà investi 500 millions d'euros dans ces trois réacteurs ces cinq dernières années et doit décider d'injecter ou non 1 milliard de plus, a rappelé Electrabel samedi.

Condamnée depuis la catastrophe de Fukushima dans des pays comme l'Allemagne à la forte fibre anti-atome dans l'opinion, l'énergie nucléaire pourrait également réduire la voilure dans son bastion français après la présidentielle de 2012.

Vendredi, EDF avait été le premier à boire le bouillon en Bourse : une chute de 5,52% après un article du Monde évoquant un accord entre les équipes du candidat du Parti socialiste à présidentielle François Hollande et celles de la candidate écologiste Eva Joly sur la base de la fermeture de plusieurs centrales françaises datant de la fin des années 70.

Parmi les centrales anciennes dans le collimateur : celle de Fessenheim (est), considérée comme la première à devoir fermer, mais également de Chinon (centre) et du Bugey (centre-est), selon Le Monde.

Malgré des déclarations des deux partis de gauche soulignant que les discussions venaient de commencer et n'avaient pas abouti pour concilier la position socialiste (passer de 75% à 50% d'électricité nucléaire en 2025) et la sortie du nucléaire défendue par les écologistes, l'action EDF n'a pas rebondi lundi (-2,47% à la clôture, à 21,71 euros).

EDF, qui a demandé vendredi une enquête pour "manipulation de cours" au gendarme français de la Bourse, n'a pas souhaité faire de commentaire.

Le groupe a annoncé en juillet le doublement des investissements de modernisation dans ses centrales avec l'objectif d'obtenir de l'Autorité de sûreté du nucléaire (ASN), qu'ils puissent passer le cap des 40 ans et fonctionner jusqu'à 60 ans, soit à HORIZON 2040-2050.

L'ex-monopole historique opère les 58 réacteurs français répartis dans 19 centrales, et construit actuellement le premier réacteur EPR de troisième génération en France à Flamanville (ouest), avec un second en projet à Penly (ouest).

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