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Dette de la zone euro : la Grèce à l'opposé de l'Irlande (Natixis)

Mercredi 26 Oct 2011 à 10:20

(AOF / Funds) - A défaut de mutualisation du risque souverain, le haircut dont la dette grecque va sans doute faire l'objet apparaît maintenant comme une évidence, estime Natixis mercredi. L'exercice qui consistait, pour la Grèce, à démontrer sa crédibilité budgétaire en annonçant plans d'austérité sur plans d'austérité, avec peu ou pas d'effet sur le déficit et un très gros effet sur la croissance, montre maintenant clairement ses limites. René Defossez ajoute qu'à cet égard, la Grèce est à l'opposé de l'Irlande.

"L'incapacité de la Grèce à respecter ses objectifs budgétaires, de l'Europe à trouver des solutions stabilisantes, a conduit à une contagion progressive vers les pays les plus fragiles, juge l'analyste. Quand, au jour 1, le spread entre le rendement d'une obligation souveraine d'un pays périphérique est de 130pb contre Bund, entre le 450e et le 500e jour suivant, il dépasse 1.000pb (PGB-Bund et IGB-Bund). Mais il montre aussi que certains petits pays peuvent progressivement retrouver la confiance des investisseurs."

"Ainsi, le spread IGB-Bund, qui était le deuxième plus élevé de la zone en juillet 2011, est maintenant deux fois plus faible qu'il y a quatre mois. Alors que le rendement de l'IGB 10 ans dépassait de 800pb celui du BTP en juillet, il n'en n'est plus distant que de 200pb. Comme la Grèce, l'Irlande est un petit pays, mais c'est à peu près tout ce qui les rapproche."

"Pour le reste, l'Irlande affiche un excédent commercial confortable (qui s'est accru pendant la crise) là où la Grèce est largement dans le rouge. Dublin respecte ses engagements sur le plan budgétaire (elle fait même mieux que prévu), et parvient à faire de la croissance en dépit des plans d'austérité (cette croissance est presque exclusivement tirée par l'extérieur, puisque le 1,7% de hausse du PIB de cette année s'obtiendra notamment par une contribution de 3 points des exportations nettes...)."

"L'Irlande est donc à beaucoup de points de vue à l'opposé de la Grèce, en montrant notamment que dans certaines circonstances, les médecines classiques (bailout contre plans d'austérité) semblent fonctionner. Cela tient évidemment beaucoup à la situation de départ. La Grèce avait un gros problème budgétaire et un déficit de compétitivité considérable. L'Irlande avait un gros problème bancaire mais aucun en matière de compétitivité. Il a donc été plus simple de trouver un autre équilibre pour la croissance, dans lequel la consommation était évidemment la grande perdante. Malheureusement, dans la zone périphérique, l'Irlande ne se distingue pas seulement de la Grèce."

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