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Le pétrole coule à nouveau en Libye, mais des défis cruciaux subsistent

Jeudi 13 Oct 2011 à 15:21

La production pétrolière en Libye a redémarré plus vite que prévu, mais le pays doit encore surmonter de gros obstacles politiques et techniques avant d'espérer un retour complet à la normale, estiment professionnels et experts du secteur.

"Le marché mondial doit se préparer au retour rapide de la production libyenne", a assuré cette semaine Abdallah El-Badri, secrétaire général de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) lors de la conférence Oil & Money organisée à Londres.

Le pays produisait environ 1,6 million de baril par jour (mbj) avant l'éclatement en février d'une guerre civile qui a totalement paralysé l'activité pétrolière. Après la chute du colonel Kadhafi en août, la production a repris progressivement et dépasse désormais les 350.000 barils par jour.

Pour l'Opep, la Libye devrait augmenter son offre à 1 mbj "d'ici à six mois", et retrouver son niveau de production d'avant le conflit d'ici fin 2012.

"Notre retour en Libye est bien plus rapide que ce qu'on avait prévu, en termes de logistiques comme d'infrastructures", a confirmé Christophe de Margerie, PDG du groupe français Total.

De son côté, l'italien ENI a annoncé jeudi le redémarrage du gazoduc Greenstream entre la Libye et l'Italie.

Cependant, l'Agence internationale de l'Energie (AIE) se montre plus prudente: "la relance de la production pourrait être entravée par les réparations nécessaires sur les champs et terminaux endommagés", a-t-elle noté.

"La remise en fonctionnement du terminal portuaire d'Es Sider", d'où est exportée une partie importante du brut libyen, "pourrait prendre une année", ont notamment indiqué les experts de l'AIE.

Des champs ou des ports, en particulier Ras Lanouf, "ont été transformés en terrain de bataille pendant des mois, et ont évidemment été très touchés", renchérit Choukri Ghanem, patron jusqu'au printemps dernier de la Compagnie pétrolière nationale libyenne (NOC) avant de rallier les rebelles en juin.

Une fois atteint 700.000 barils par jour, "ça va devenir beaucoup plus difficile (...) Il faudra investir entre 3 et 4 milliards de dollars pour retrouver le niveau de production" d'avant le conflit, a-t-il dit à la presse en marge de la conférence Oil & Money.

Outre l'endommagement des infrastructures, le secteur pétrolier fait face à des problèmes de main d'oeuvre.

"La Libye dépendait largement de dizaines de milliers d'employés étrangers - ingénieurs, géologistes et techniciens - venus en majorité des pays arabes voisins, d'Asie du sud et de Chine. Les faire revenir en Libye prendra du temps", avertit Samuel Ciszuk, analyste de l'institut de recherche IHS.

Dans le même temps, des employés libyens ont manifesté à plusieurs reprises depuis fin septembre pour exiger le départ des cadres du secteur pétrolier jugés trop compromis avec le régime kadhafiste.

"Ces appels à la purge risquent de priver le pays des talents nécessaires pour une relance rapide de l'activité", a estimé M. Ciszuk.

"Les autorités écartent tous les jours de nouvelles personnes: c'est un sérieux problème", d'autant que le ministère du Pétrole peine à dégager une stratégie cohérente dans un climat politique encore incertain, a jugé Choukri Ghanem.

Le Conseil national de transition (CNT) subit notamment "une pression très forte" pour renégocier les contrats conclus dans le passé avec les compagnies étrangères, a souligné l'ancien ministre.

Et de nouveaux délais sont aussi à attendre de ce côté là: aucun nouveau contrat pétrolier ne sera accordé en Libye tant qu'un gouvernement n'aura pas été formé à l'issue d'élections, a déclaré mercredi à Tripoli le ministre des Finances du CNT, Ali Tarhouni.

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