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Copenhague : tension et perplexité règnent dans le Bella Center

Vendredi 18 Déc 2009 à 09:25

Seulement 1000 badges distribués pour les ONG jeudi, et une poignée (90) pour vendredi… Conférences et « side events »(évènements parallèles) annulés par les restrictions d’accès, multiplication des contrôles…L’arrivée des 110 chefs d’Etat et de gouvernement –appellée “High Level Segment »- a engendré, pour « raisons de sécurité » une diminution considérable du nombre de participants de la société civile, des entreprises et lobbys, et des observateurs. L’ambiance s’en ressent fortement dans le Bella Center, vaste centre de conférences aux allures de camp retranché ! Certes, de nombreux participants venus du monde entier sont encore présents, mais à l’agitation de la première semaine a succédé une atmosphère calme (trop ?), voire morose… Seuls les journalistes, les membres des délégations et quelques représentants d’ONG constituent les derniers privilégiés à être admis depuis jeudi  dans ce « Fort Knox » danois. L’ambiance plutôt studieuse se conjugue à un sentiment général de perplexité.

Vers l’échec ?

La tension est palpable autour des écrans, qui ont retransmis toute la journée de jeudi les différentes interventions de chefs d’Etat. De 10 heures du matin à très tard dans la nuit se sont ainsi succédé à la tribune Gordon Brown, Shimon Peres, Angela Merkel, Hillary Clinton, Nicolas Sarkozy, … L’assemblée plénière étant interdite d’accès (y compris aux parlementaires de la délégation européenne), les participants prennent le pouls du Sommet et de l’avancée des négociations par écran interposé…Dans les couloirs, les bruits qui circulent, venus des délégations et du centre de presse, ne sont pas encourageants. Les chefs d’Etat et de gouvernement se sont succédés jusque très tard dans la nuit, sans pour autant lever le doute sur la nature de l’accord qui sera conclu à Copenhague. Simple déclaration politique ou véritable prise de décision ? Chacun pronostique, envisageant un texte « acceptable », « le moins mauvais possible » ou à l’inverse « l’échec assuré »… « Nous sommes à  48 heures de la fin [les négociations se poursuivront samedi matin, ndlr], et si le sommet abouti à une simple déclaration, c’est l’échec» analyse Yves Cochet, député vert membre de la délégation française. « Si la COP 15 ne prend pas de décisions et n’acte pas des objectifs chiffrés pour l’après 2012, c’est une catastrophe, car nous n’avons plus aucun objectif pour la période qui va suivre ».  Pour le député vert, plusieurs aspects sont indispensables si on veut éviter l’échec de cet accord : un pilier juridique et un pilier financier, le maintien du réchauffement climatique à 2 degrés, assorti d’objectifs pour 2020 et 2050.

« Toujours pas de texte »

Pour l’heure, on est encore très loin. A cet égard, la présidence danoise ne fait pas l’unanimité dans les allées du Bella Center. Après la démission mercredi de Connie Hedegaard,  présidente danoise de la conférence, c'est le Premier ministre danois Loekke Rasmussen qui préside le dernier round des négociations et la venue des 193 chefs d’Etats. Mais ce changement ne semble pas modifier le cours du sommet : « Il n’y a toujours pas de texte global alors que c’est le rôle de  la présidence », souligne Yves Cochet.  Autrement dit, les différents blocs de pays continuaient à s’affronter, jeudi, sur les responsabilités respectives des Etats, le financement de l’adaptation pour les pays pauvres, et les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Ainsi Hillary Clinton, intervenue à la mi-journée (Barak Obama sera présent vendredi), a envoyé un message clair aux pays émergents : « Ce doit être un effort commun. Toutes les économies majeures, industrialisées ou en développement, doivent prendre des mesures robustes et transparentes pour réduire leurs émissions de carbone. Presque tout l'accroissement des émissions de gaz à effet de serre, au cours des deux prochaines décennies, proviendra du monde en développement - c'est un simple fait », a-t-elle déclaré à destination des grands pays émergents… Qui, de leur côté, demandent aux pays occidentaux « d’assumer leurs responsabilités ». Mais combien de temps peut encore durer un tel affrontement ? « Pendant ce temps, nous on coule », a rappelé le président de Tuvalu, qui demande à l’instar des autres états insulaires le maintien à 1,5° du réchauffement climatique…Pour ces Etats et pour les observateurs qui étaient présents à la conférence climatique de Bali, en 2007, le constat est amer. Bali avait en effet enregistré quelques avancées importantes mais avait échoué sur l'essentiel : trouver un accord commun comprenant des objectifs chiffrés. Le seuil des 2° à ne pas dépasser, comme le recommande le GIEC, n’avait pu être inscrit en 2007, mais il pourrait ne pas l’être davantage en 2009.
Or, estime  le Réseau action Climat, « les promesses actuelles mèneront à une augmentation de la température de 3°C, voire 4°C ».

Veronique Smée de Copenhague au Danemark

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