Les marchés attendent les détails de l'accord européen, le doute reprend le dessus | Bourse Reflex
Accueil > Actualités > Marchés Financiers

Les marchés attendent les détails de l'accord européen, le doute reprend le dessus

Samedi 29 Oct 2011 à 18:20

Le doute a repris le dessus vendredi sur les marchés financiers face à la crise de la dette en zone euro, l'accord intervenu la veille entre dirigeants européens pour tenter de sortir la région de l'ornière et aider la Grèce manquant de clarté à leurs yeux.

Les Bourses européennes avaient accueilli jeudi dans l'euphorie le plan dessiné à Bruxelles la nuit précédente par les dirigeants européens.

Mais vendredi l'heure était aux bilans plus nuancés, et au constat que beaucoup restait à faire pour préciser et surtout mettre en oeuvre les décisions prises.

"Des risques pèsent sur la mise en application des principales mesures du sommet", estiment ainsi les économistes de Goldman Sachs.

Ces questions n'ont pas empêché les indices boursiers new-yorkais d'afficher une certaine résistance, le Dow Jones grignotant 0,18% et le Nasdaq s'effritant de 0,05%. A Francfort, le Dax s'est adjugé 0,13%.

Sur les autres places européennes, le retour de balancier n'a pas tardé. Le CAC 40 à Paris a cédé 0,59%, l'Ibex à Madrid 0,50% et Londres a glissé de 0,20% vendredi.

L'indice FTSE Mib de la Bourse de Milan a même lâché 1,78% après une émission obligataire italienne jugée décevante.

L'opération avait valeur de test de la capacité à ramener la confiance sur les marchés à l'égard du pays, malmené depuis l'été. Un recul des taux d'intérêt était attendu, mais ils se sont établis au-delà de 6%.

L'euro, qui avait dépassé 1,42 dollar jeudi pour la première fois depuis le 6 septembre, son plus haut niveau depuis huit semaines, valait 1,4156 dollar vers 21H00 GMT.

L'accord européen trouvé à l'arraché prévoit une réduction de la dette de la Grèce et le renforcement du Fonds européen de stabilité financière (FESF) pour éviter la contagion à d'autres pays.

Mais les problèmes de la Grèce restent non résolus: si les banques européennes ont accepté d'effacer 50% de leurs créances cela ne va réduire que d'un sixième la dette publique totale du pays, relevait vendredi Bernhard Eschweiler, économiste de la banque privée allemande Silvia Quandt.

L'agence de notation fitch ratings a ainsi indiqué que la restructuration de la dette grecque maintiendrait le pays dans la catégorie de valeur spéculative.

Fitch a aussi provoqué de l'inquiétude en estimant que la décote de 50% demandées aux banques constituerait un "événement de crédit" selon ses critères, en d'autres termes une situation de défaut de paiement susceptible d'entraîner l'activation de contrats d'assurance contre le risque de défaillance de pays notamment, appelés "credit default swap" (CDS).

Ce scénario est susceptible de provoquer un engrenage à haut risque sur le marché de la dette de la zone euro.

L'association de référence ISDA avait pourtant estimé de son côté que l'accord européen ne devrait pas déclencher les CDS car la restructuration de la dette grecque se fait sur une base volontaire.

Les analystes mettaient aussi en avant le manque de détails sur les nouveaux instruments du FESF, devant par "effet de levier" doper ses capacités à 1.000 milliards d'euros contre 440 milliards d'euros actuellement.

Ainsi le taux de couverture de son nouveau mécanisme d'assurance-crédit n'a pas encore été précisé, et il n'est pas garanti que des pays émergents comme la Chine et la Russie soient séduits par son autre nouvelle structure qui pourrait être adossée au Fonds monétaire international (FMI).

Pékin a indiqué vendredi attendre des clarifications avant de s'engager à participer au nouveau FESF, dont le directeur Klaus Regling est venu discuter dans la capitale chinoise.

"Nous devons attendre les détails techniques pour y voir clair et ENTREPRENDRE des études sérieuses avant de décider d'un investissement", a déclaré le vice-ministre chinois des Finances, Zhu Guangyao.

Les détails sur l'expansion du fonds seront connus fin novembre, début décembre, a-t-il rappelé. Aussi la question ne sera-t-elle pas à l'ordre du jour au G20 de Cannes des 3 et 4 novembre, selon lui.

"Un soutien chinois significatif signifierait probablement des concessions supplémentaires que les gouvernements européens jugeraient impossibles d'accepter", s'inquiète Julian Jessop de Capital Economics.

"Il n'est pas garanti que le FESF élargi soit capable d'inspirer suffisamment confiance aux investisseurs", ont renchéri les analystes de Goldman Sachs, jugeant comme beaucoup d'économistes qu'en attendant la BCE devra continuer de jouer les pompiers de la zone euro en rachetant des obligations publiques.

L'agence de notation Standard and Poor's a cependant maintenu la note de solvabilité "AAA", la meilleure possible, qu'elle accorde au FESF, considérant comme "quasi certaine la probabilité que les Etats membres fourniront au Fonds, en cas de besoin, un soutien extraordinaire en quantité suffisante et en temps utile".

Partager sur Facebook
Article Précédent :
Le marché parisien en petite hausse...
Article Suivant :
Le marché parisien a légèrement...

Ecrire un commentaire

J'accepte la charte et que mon commentaire soit publié sur BourseReflex.com 

Les autres actualités


Retour vers 'Marchés Financiers' »




Mots-clés : Cac 40   Crise   Dirigeants   Dollar   Dow jones   Euro   Euros   Fmi   G20   Nasdaq   Zone euro   Goldman   Sachs   Fesf  
Sociétés citées dans cette news : ENTREPRENDRE   CAC 40  

Si vous passez un ordre de bourse sur le CAC40 le vendredi soir à 18h, quand sera t-il éxécuté?