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Les courbes de taux longs plus difficiles à anticiper (Natixis)

Mardi 04 Oct 2011 à 11:08

(AOF / Funds) - "Avant la crise, aux Etats-Unis comme en zone euro, la pente de la courbe des taux était essentiellement fonction du comportement des taux courts. Les taux longs jouissaient d'une relative stabilité, grâce à la forte crédibilité anti-inflationniste des banques centrales (les primes inflation, que l'on peut approximer avec les points morts d'inflation, étaient relativement stables). Depuis la crise, plusieurs banques centrales ont adopté des politiques de taux zéro (des ZIRP), ce qui a réduit de manière considérable la volatilité sur la partie courte de la courbe", note René Defossez de Natixis.

"Aux Etats-Unis, la Fed est même allée plus loin, puisqu'elle a annoncé un statu quo monétaire jusqu'à, au moins, mi-2013. Ce changement dans les stratégies des banques centrales a conduit à un déplacement de la volatilité vers la partie longue de la courbe, à partir de fin 2008."

"Tous les modèles de détermination des pentes des courbes de taux fondés principalement sur le comportement des taux courts sont donc devenus obsolètes, et doivent être remplacés par de nouveaux modèles, autrement plus complexes, puisqu'ils doivent notamment tenir compte des manipulations des taux longs. La Fed et la BoJ monétisent ou ont monétisé la dette souveraine à grande échelle."

"De surcroît, la Fed a mis en place l'opération Twist, qui a pour objectif de déformer la structure des taux, en achetant des papiers longs et vendant des papiers courts (l'objectif est d'écraser autant que faire se peut la courbe des taux, de manière à stimuler l'investissement, notamment résidentiel. La mise en place de cette stratégie est d'autant plus astucieuse que les taux courts sont bloqués par la ZIRP)."

"(Les modèles de détermination des pentes de courbes des taux doivent aussi tenir compte, ndlr) des phénomènes de flux vers la qualité : les obligations souveraines profitent à plein des incertitudes. Le problème, c'est bien s-r que personne ne peut dire aujourd'hui comment la zone euro sortira de la crise, comment les Etats-Unis reviendront vers le plein emploi, si la croissance dans les pays émergents résistera à tous les chocs actuels... Bref, il est par définition impossible de prévoir la volatilité, qui devient un déterminant important des taux longs. Il faudra s'habituer à ce nouvel environnement, qui sera forcément durable."

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