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Les marchés asiatiques succombent à leur tour à l'inquiétude

Vendredi 19 Aoû 2011 à 09:30

Les Bourses asiatiques et le pétrole sont reparties en nette baisse vendredi, succombant eux aussi à la nouvelle vague d'inquiétudes sur la croissance mondiale, tandis que l'or, valeur refuge, franchissait un nouveau record.

A Tokyo, l'indice nikkei 225 des 225 valeurs vedettes a clôturé sur une baisse de 2,51%, Sydney de 3,51% et Séoul a plongé de 6,22%. Hong Kong perdait 2,62% et Shanghai 0,98% peu avant leur clôture.

"Etant donné le bain de sang sur les places boursières pendant la nuit (australienne), il n'est pas surprenant de voir notre marché subir des baisses prononcées et dans tous les secteurs", a déclaré Ben Potter, analyste chez IG Markets en Australie.

"Et comme la crise financière (de 2008/09) est encore très présente dans les esprits des gens, le marché va devoir faire beaucoup pour regagner la confiance des investisseurs", a-t-il ajouté.

La veille, les Bourses européennes et américaines avaient connu une nouvelle journée noire, en raison d'une poussée des craintes sur l'état de l'économie mondiale et la capacité des banques à se refinancer. Elles entamaient la séance de vendredi dans le rouge.

"Les bears (intervenants pessimistes: NDLR) sont revenus en force cette nuit, après des indicateurs économiques américains très décevants et le regain de craintes sur la stabilité des banques européennes, qui ont poussé les investisseurs à appuyer sur le bouton des ventes", a dit Ben Potter.

Le pétrole évoluait lui aussi en nette baisse, déprimé par la mollesse de l'économie des Etats-Unis, premier consommateur mondial d'or noir.

Dans les échanges en Asie, le baril de "light sweet crude" perdait 1,05 dollar à 81,33 USD.

Les indicateurs sur l'économie américaine publiés jeudi "ont porté un nouveau coup à la confiance déjà flageolante des investisseurs", indiquent les analystes de Phillip futures dans une note.

Renforcement des pressions inflationnistes en juillet, mauvais indice de la Fed de Philadelphie mesurant l'activité manufacturière dans la région de cette ville du Nord-Est, baisse des ventes de logements anciens en juillet, nouvelles inscriptions au chômage reparties à la hausse au cours de la deuxième semaine d'août... Autant de signes de l'enlisement apparent de la croissance aux Etats-Unis.

Dans ce contexte d'extrême inquiétude, l'or continue de franchir des records à la hausse, jouant pleinement son rôle de valeur refuge. Le métal jaune a atteint vendredi matin à Hong Kong 1.837,50 dollars l'once, après avoir franchi la veille le seuil inédit des 1.825 dollars.

Il avait passé le seuil des 1.800 dollars le 11 août, pour la première fois de l'histoire.

L'euro continuait de faiblir. Il valait 1,4303 dollar à Tokyo vendredi matin contre 1,4337 USD la veille à New York. Face au yen, il était à 109,39 yens, quasiment inchangé par rapport aux 109,65 yens de la veille à New York, mais en baisse par rapport aux 110,26 yens de jeudi matin à Tokyo.

Aux inquiétudes sur la croissance américaine s'ajoutent les craintes sur la crise des dettes souveraines en Europe, dont les banques européennes sont les premières à faire les frais en Bourse.

La banque Morgan Stanley perçoit désormais les Etats-Unis et l'Europe comme dangereusement proches de la récession".

Dans son édition de jeudi, le Wall Street Journal a fait état de craintes de la Réserve fédérale américaine sur le niveau de liquidité des banques européennes. Et pour la première fois depuis février, la Banque centrale européenne (BCE) a accordé un important prêt en dollars à une banque européenne dont l'identité n'a pas été révélée.

Sans précédent par son ampleur depuis octobre 2010, ce prêt --500 millions de dollars sur sept jours-- vient s'ajouter à d'autres signes de fébrilité du secteur bancaire européen qui, en plus, trouve de l'écho aux Etats-Unis.

Ces nouvelles ont encore peu plus paniqué les marchés.

En ligne de mire figure le scénario noir qui avait pris corps en septembre 2008 avec la faillite de Lehman Brothers aux Etats-Unis.

Tétanisées et inquiètes de la santé de leurs consoeurs, les banques avaient alors cessé de se prêter de l'argent entre elles, assèchant l'approvisionnement en liquidités et grippant l'activité économique. Ce cercle vicieux avait débouché sur la pire récession mondiale depuis 1945.

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