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La France à l'abri des tensions inflationnistes malgré la hausse du pétrole

Mercredi 23 Fév 2011 à 11:10

La France est pour l'instant restée épargnée par les regains de tensions inflationnistes, les prix à la consommation ayant même baissé en janvier malgré la hausse des prix de l'énergie.

Les prix ont baissé de 0,2% en janvier en évolution mensuelle, mais restent en hausse de 1,8% sur un an, a annoncé l'Insee mercredi. En décembre, ils avaient augmenté de 0,5%.

Cette baisse mensuelle s'explique par le recul des prix des produits manufacturés, lié aux soldes d?hiver.

Les prix de l?habillement et des chaussures se sont ainsi repliés de 7,9% (-9,9% en janvier 2010). La baisse des prix, plus faible cette année, est notamment liée à un démarrage plus tardif des soldes d?hiver, a souligné l'Insee.

La baisse a toutefois été atténuée par la forte hausse des prix de l?énergie, avec un accroissement de 4,8% des prix des produits pétroliers et une hausse de 3,1% des tarifs de l?électricité.

"La situation ne devrait pas s?améliorer de sitôt avec les tensions extrêmes au Moyen-Orient", a réagi Alexander Law, économiste chez Xerfi.

La poussée de violences dans le monde arabe et particulièrement en Libye a fait flamber mardi les cours de brut: à Londres, le baril de brent de la mer du Nord a atteint un pic à 108,57 dollars, un prix inédit depuis septembre 2008.

Les prix des services, eux, se sont inscrits en légère baisse en France le mois dernier (-0,1%). Les prix des produits alimentaires se sont également repliés dans les mêmes proportions (-0,1%).

En janvier, l'inflation sous-jacente, qui exclut les produits à prix volatils comme les produits pétroliers ou les produits frais, a également légèrement diminué de 0,1%, selon l'Insee.

"Dans les mois à venir, cette inflation devrait un peu augmenter, avec les hausses annoncées des tarifs d'assurance ou des prix des transports", prédit Jean-Christophe Caffet, économiste chez Natixis.

"Mais elle devrait ensuite décélérer, en raison de la très faible hausse des coûts salariaux unitaires et d'un marché du travail toujours déprimé", ajoute-t-il.

L'économiste ne croit ainsi pas à une hausse des prix des salaires pour accompagner la hausse des prix de l'énergie, les "effets de seconds tours" tant redoutés par le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet.

"Nous ne pouvons rien contre l'augmentation immédiate des prix du pétrole ou des matières premières. Mais en revanche, nous devons éviter à tout prix (...) que les autres prix se mettent à bouger", a récemment déclaré M. Trichet.

"Les mécanismes ne sont aujourd?hui pas en place pour que s?enclenche une boucle prix-salaires qui produirait inéluctablement plus d?inflation", estime également Alexander Law, balayant une telle menace. En effet, "les taux d?utilisation des capacités de production restent faibles et le taux de chômage demeure bien trop élevé pour espérer voir repartir les salaires", explique-t-il.

Du coup, "le pouvoir d'achat lié aux revenus du travail devrait continuer à s?éroder au cours des prochaines semaines. Et la consommation avec", prévient l'économiste.

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