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Groupama AM garde une recommandation négative sur le secteur bancaire

Jeudi 10 Fév 2011 à 16:05

(AOF / Funds) - "2010 fut encore une année de transition, animée par la finalisation de la future régulation bancaire

dite Bâle 3 et par la crise des souverains. Les craintes sur la qualité des actifs et la liquidité passent

désormais au second plan. De plus, la dépendance accrue d'une partie du secteur bancaire aux

financements BCE nous rappelle aussi que le secteur est encore convalescent et se cherche

toujours un business model", note Groupama AM.

"Les banques des pays périphériques sont soit les victimes comme en Grèce, soit les instigatrices

des tensions sur leurs souverains bienfaiteurs comme en Irlande et en Espagne. Ce cercle vicieux

de la hausse des coûts de financement et ses impacts négatifs sur les économies et les banques

périphériques a déjà entrainé le sauvetage de la Grèce et de l'Irlande et a fortement secoué le

secteur bancaire européen tout au long de l'année 2010."

"Les autorités espagnoles sont sur la brèche et un énorme travail de restructuration/recapitalisation

est en cours mais les chiffres annoncés (20 milliards d'euros) sont bien en deçà des prévisions et des attentes du marché (entre 50 milliards d'euros et 100 milliards d'euros). Les politiques européens, après beaucoup de cacophonie, esquissent de possibles solutions. Il n'empêche, les actions concrètes sont encore à l'ébauche, alors que les importants (re)financements attendus des souverains et des banques ibériques vont créer de fortes tensions au premier semestre 2011 pour tout le secteur bancaire européen, lui-même très exposé à la péninsule."

"Comme en 2010, l'accès aux marchés et à la liquidité dans de bonnes conditions va différencier les

acteurs. Cette différentiation commence par l'accès aux dépôts. Hélas celle-ci se fait à l'envers, non

pas par la qualité intrinsèque de la banque mais plutôt par sa provenance et par le prix offert. La

différentiation est aussi très forte pour l'accès aux marchés. Les tensions sur les souverains créent

un secteur à deux vitesses avec certaines banques coupées des marchés de financements long

terme à des conditions correctes et désormais dépendantes de la BCE."

"Mais même pour les bons élèves, le financement long terme est désormais plus cher car non

seulement la guerre des dépôts couve mais les régulateurs veulent subordonner la dette senior par

rapport aux dépôts, la rendant de fait plus risquée. Les investisseurs privilégient donc d'autres types

de financement comme les covered bonds ou la titrisation/repo car sécurisés sur des actifs. Nous

attendons d'ailleurs une année record d'émissions de covered bonds car elles sont privilégiées aussi

comme actifs à détenir par les nouveaux ratios de liquidité ou les ratios solvency II des assureurs."

"Enfin, le calendrier de refinancement est assez défavorable aux banques avec beaucoup de

tombées attendues sur la période 2011-13 incluant les obligations garanties par les états émises

massivement entre fin 2008 et 2009. Pour contrer cette situation, les banques qui en ont les moyens

multiplient les accès à des nouveaux marchés, financements privés ou structurés, ou laissent expirer

des actifs non-core. Les plus fragiles bénéficient toujours du soutien de la BCE mais pour

combien de temps ? Car si la BCE a vocation à protéger le système, elle n'a pas vocation à le

financer sur le long terme."

"Les régulateurs ont revu légèrement leurs objectifs et plus particulièrement le calendrier d'adoption

des mesures de Bâle 3 pour donner au secteur le temps de sa convalescence. Mais les politiques

d'un coté et le marché de l'autre s'impatientent et voudraient que ces mesures s'appliquent dès

maintenant, ce qui est irréaliste. De plus, le flou autour du bail in bancaire et des futures taxes

bancaires renforce la défiance des investisseurs. Enfin, les régulateurs ont accentué leur pression

pour améliorer les pratiques en matière de rémunération ; l'objectif étant de mieux y intégrer la notion de risque. Sur ce sujet également, le chemin est encore long."

"Pourtant, la reprise du cycle économique se précise. Elle reste néanmoins très disparate par pays.

D'ailleurs c'est le tryptique : 1) attitude des régulateurs, 2) accès aux financements moyen/long

terme dans de bonnes conditions et 3) perspectives économiques qui poussent à une différentiation

de plus en plus marquée entre les acteurs du secteur."

"Cette différentiation est le prisme de lecture de l'évolution du secteur sur 2011 à travers les tensions

sur la péninsule ibérique et la crise souveraine non réglée, les accès aux financements différenciés

selon les acteurs et la reprise économique à plusieurs vitesses. Il faut résoudre le problème

souverain pour donner de l'air au secteur bancaire et, tant qu'une partie du système se refinance à la

BCE, nous gardons une recommandation fondamentale négative avec perspective stable."

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