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Cholet-Dupont souligne un potentiel de hausse réduit pour les actions

Mardi 13 Sep 2011 à 12:14

(AOF / Funds) - "Les marchés actions avaient bien résisté à la remontée des risques au printemps et au mois de juillet, ce qui semblait encourageant. En juillet, l'accord européen de soutien à la Grèce avait permis de réduire temporairement les tensions sur les emprunts d'Etat espagnols et italiens. Mais les tergiversations américaines sur le relèvement du plafond de la dette ont achevé d'impatienter les marchés", note Cholet-Dupont.

"Aux premières déceptions économiques apparues début août et à l'annonce de la perte de la note AAA des Etats-Unis, les investisseurs et les spéculateurs ont commencé à réaliser que les perspectives de croissance allaient se dégrader et que la crise des dettes souveraines prenait une autre tournure. Après deux ans de mesures de soutien à l'économie, après deux ans de mesures de stimulation monétaire, la reprise économique semblait vaciller."

"Après cette prise de conscience, tout s'est accéléré. Les politiques de rigueur qui ont été déjà instaurées ou qui devront l'être, en Europe et aux Etats-Unis, ralentiront l'activité et les rentrées fiscales. Pour les pays les plus faibles, la réduction des dettes sera encore plus difficile. Si les parlements nationaux ne votent pas la nouvelle définition du Fonds européen de stabilité financière (FESF), le risque de faillite grec et portugais augmente fortement. Sous le poids de provisions à constituer, les banques européennes verraient alors les pertes diminuer leurs fonds propres, les obligeant à réaliser des augmentation de capital fortement dilutives pour l'actionnaire. Risques financiers, risque de récession économique et chute des profits, c'est la recette d'une chute des actions."

"Echaudés par l'été 2007 ou l'automne 2008, les marchés ont considéré que le risque de panique financière augmentait la probabilité d'un retour en récession, d'autant plus que les munitions (plans de relance, stimulation monétaire) semblent s'épuiser. De fait, à l'automne 2008, c'est bien l'attentisme et la peur qui ont précipité une grande partie du monde en récession avant que les gouvernements ne réagissent."

"Le ralentissement économique est acquis, au vu des statistiques connues mais son ampleur peut évoluer sous l'influence de facteurs positifs et négatifs. Coté négatif, les plans de rigueur budgétaire votés en Italie, en Espagne, peut-être en France, et ensuite aux Etats-Unis, vont peser sur une croissance déjà molle et peu créatrice d'emplois. Cette contraction d'activité peut se propager dans les pays émergents qui subissent déjà des plans de refroidissement pour combattre l'inflation. Les négociations européennes sur le FESF semblent délicates (risque de refus en Allemagne, égoîsme finlandais...) et ceci menace un système financier européen fragilisé. La lenteur des décisions politiques aux Etats-Unis et en Europe, les erreurs de politique économique constituent un risque réel."

"Coté positif, cette nouvelle crise a provoqué une baisse des matières premières et du pétrole. Le risque inflationniste devrait donc faiblir dans les pays émergents qui pourraient baisser leur taux d'intérêt. Comme ces pays disposent de réserves financières importantes, ils pourraient également stimuler leur économie domestique, au grand bonheur des exportateurs occidentaux."

"Les Etats-Unis semblent également prêts à un plan de relance supplémentaire, certainement plus ciblé sur l'immobilier et l'emploi, et la banque centrale veut étudier de nouveaux dispositifs de stimulation. Quatre ans après le début des crises immobilières américaine, espagnole et irlandaise, une grande partie de l'ajustement à la baisse est sans doute déjà fait. Par ailleurs, les entreprises ont retrouvé en général une bonne santé financière qui peut leur permettre d'amortir des chocs ou un ralentissement mesuré. Finalement, les marchés ont peut-être pris peur trop rapidement d'un retour en récession alors que celui-ci n'est encore qu'une éventualité."

"C'est précisément pour ces raisons, qu'après leurs fortes baisses, les marchés actions ont enregistré deux reprises techniques. Mais il est bien trop tôt pour anticiper un rebond durable, le risque de rechute est toujours présent. Toutes ces incertitudes et les risques à court terme imposent une très grande prudence et nous incitent à réduire fortement le potentiel de hausse pour les indices actions."

"Compte tenu de la volatilité actuelle, d'autres rebonds peuvent encore intervenir si les marchés arrivent à se stabiliser aux environs des points bas du mois d'août. Ils donneront l'occasion de réduire l'exposition des portefeuilles ou de les protéger contre les risques de baisse par des produits appropriés."

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