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Ajustements douloureux pour les Anglais (Natixis AM)

Mardi 30 Aoû 2011 à 16:50

(AOF / Funds) - "Dans l'environnement actuel, on évoque beaucoup la zone euro, sa conjoncture et ses problèmes de gestion de la dette, on parle aussi beaucoup des Etats-Unis avec un point d'orgue vendredi dernier après-midi lors du discours de Ben Bernanke à Jackson Hole. L'Angleterre et son expérience intéressante est peu discutée, pourtant sa conjoncture actuelle est extrêmement intéressante", note Natixis AM.

"Après la publication de la croissance du deuxième trimestre, (+0,2%), le taux de croissance attendu pour l'ensemble de l'année 2011 sera, en Angleterre, voisin de 1%, probablement compris entre 1 et 1,1%."

"Au regard des éléments dont on dispose déjà, il est peu probable que l'activité reparte rapidement de l'avant. L'indice PMI pour le secteur manufacturier indiquait une légère contraction de l'activité en juillet, l'enquête sur les ventes de détail s'est fortement infléchie en août et le nombre de demandeurs d'emplois est reparti à la hausse."

"En d'autres termes, les éléments de la demande interne en Angleterre suggèrent une fragilité qui ne permet pas à la croissance de repartir de l'avant et empêche, en conséquence, le marché du travail de retrouver une allure plus habituelle. Cette absence de tensions actuelle et à venir est d'ailleurs intégrée par la Banque d'Angleterre qui, en dépit d'un taux d'inflation (4,5%) très au-delà de sa cible de 2%, ne modifie pas sa stratégie."

"L'absence de tensions au sein de l'appareil productif anglais n'engendre pas de persistance dans la formation des prix. En effet, le taux d'inflation reflète la hausse très étalée dans le temps de l'énergie et l'impact des hausses de TVA. En revanche, les salaires évoluent peu et ne créent pas le ferment d'une accélération durable et forte de l'inflation. En conséquence un durcissement de la politique monétaire aurait des effets dépressifs et ne pèserait pas spontanément sur le profil de l'inflation."

"La situation conjoncturelle de l'Angleterre reflète l'environnement global difficile pour les pays industrialisés mais aussi et surtout l'impact de la politique budgétaire du gouvernement Cameron. La volonté de réduire les déficits publics était portée par une approche qui ne fonctionne pas. L'idée était d'imaginer que la vertu de l'Etat allait se traduire par un regain de confiance spontané des acteurs de l'économie anglaise, leur redonnant ainsi immédiatement du coeur à l'ouvrage."

"Cette idée que l'on voit aussi défendue en France sous le nom d'approche ricardienne (en souvenir de l'économiste anglais David Ricardo) est séduisante mais n'a généralement pas fonctionné car avant éventuellement de stabiliser les anticipations sur le comportement de l'Etat, le passage par une période de rigueur excessive est pénalisante pour tous. La réduction des concours de l'Etat et la hausse des prélèvements ont un impact immédiat sur le budget de chaque consommateur."

"Cela pénalise spontanément la conjoncture et ne permet pas de converger rapidement vers une croissance équilibrée. En d'autres termes, la dynamique de court terme faite d'ajustements douloureux n'est pas compatible avec l'idée d'un ajustement spontanée des comportements pour retrouver de la croissance. Les Anglais en font la triste expérience, il ne faudrait pas que les pays de la zone euro se hâtent pour faire la même chose car le résultat serait similaire."

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