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Taux : l'Irlande n'est pas la Grèce (Natixis)

Vendredi 15 Jul 2011 à 11:01

(AOF / Funds) - "Après le Portugal, c'est finalement au tour de l'Irlande de subir les foudres de Moody's. L'agence a en effet passé la note du pays en territoire junk (baisse de un cran de Ba1 à Baa3), tout en maintenant un outlook négatif sur cette dernière. Cette décision, lourde de conséquence puisqu'elle pourrait entraîner des ventes forcées (surtout si les autres agences suivent cet exemple), rappelle étrangement le downgrading du Portugal effectué il y a quelques jours", note Cyril Regnat de Natixis.

"En effet, Moody's juge que l'Irlande subira le même sort que la Grèce en devant faire appel à un second plan d'aide et en mettant à contribution le secteur privé (contribution qui n'est toujours pas certaine pour la Grèce)."

"La Commission européenne et le gouvernement irlandais ont rapidement contre-attaqué, les premiers déclarant que cette décision était incompréhensible, les seconds en annonçant que le programme de réduction budgétaire était en ligne avec les anticipations du duo FMI/UE (voire plus large que les 3,6 milliards prévus cette année). Cette décision paraît sévère pour de nombreuses raisons."

"La première concerne la nature de la crise irlandaise puisqu'il s'agit ici d'une véritable crise de liquidité et non de solvabilité. En effet, si le risque bancaire irlandais n'est pas tout à fait nul, il ne menace pas non plus la stabilité du pays ou encore la reprise économique dont bénéficie ce dernier. L'Irlande bénéficie de perspectives de croissance largement supérieures à celles de la Grèce (-4,5% en 2011) ou du Portugal (-2%) avec un retour en territoire positif dès cette année (croissance de +0,8%) grâce notamment, à la vigueur des exportations irlandaises (la croissance domestique reste par contre décevante)."

"Compte tenu de la relative compétitivité de l'économie irlandaise et des perspectives du FMI concernant l'endettement du pays (stabilisation autour de 120% du ratio dette/PIB), l'écart de notation entre l'Italie (Aa2 chez Moody's soit huit crans au-dessus) d'une part et l'Irlande d'autre part paraît légèrement excessif."

"Le second point critiquable, et certainement l'un des plus importants, concerne le retour du pays sur le marché primaire. Sur ce point, les inquiétudes des marchés et des agences de notation concernant la Grèce étaient justifiées compte tenu des difficultés du pays à réduire son déficit et du niveau des taux d'intérêt grecs. Le risque de financement irlandais n'a rien à voir. Le Trésor Irlandais, le NTMA, indiquait en effet dans un communiqué que les besoins de financement du pays était couverts jusqu'à la fin 2013 grâce au plan du FMI et de l'UE."

"D'autre part, compte tenu de la taille de la dette (90 milliards d'euros), il suffirait que l'EFSF rachète quelques titres irlandais, sur le primaire voire le secondaire, pour provoquer une forte réappréciation des Treasuries irlandaises et donc faciliter une réouverture du marché. Evoquer la nécessité de mettre en place un second plan alors que le pays respecte ses objectifs budgétaires et envisage d'émettre des obligations dans 2,5 ans paraît donc assez hâtif."

"Il faudra certainement attendre les conclusions des prochains audits réalisés par la Troîka, notamment celui publié le 15 août, pour se faire une idée concernant l'efficacité de la politique budgétaire irlandaise. Dans tous les cas, les objectifs annoncés par les autorités européennes et internationales ne seront peut être plus valides dans quelques jours. En effet, le plan de sauvetage irlandais, au même titre que le plan grec, pourrait subir un lifting. Les taux d'intérêt appliqués dans le cadre du plan de sauvetage pourraient être revus à la baisse, limitant ainsi la charge de la dette du pays et donc, mécaniquement, son déficit."

"Une révision des critères de versement des tranches serait aussi opportune. Chaque audit de la Troîka est source de volatilité pour les marchés obligataires tant les politiques d'austérité rendent les objectifs budgétaires difficiles à réaliser (souvent du fait d'un effondrement de la croissance). En l'état actuel des choses, l'Irlande est certainement le pays le mieux armé pour regagner, à terme, son indépendance financière. La décision de Moody's s'explique davantage par l'incapacité des pays européens à trouver une solution à la crise et non aux fondamentaux économiques du pays."

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