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Les ménages pourraient changer leur mode de consommation (Aurel BGC)

Mercredi 13 Avr 2011 à 11:21

(AOF / Funds) - "Dans l'ensemble, la croissance des ventes au détail sera encore soutenue, même si elle devrait être inférieure à celle du mois de février, quand les ventes avaient rebondi de 1%. Elles avaient alors profité de conditions météorologiques beaucoup plus favorables qu'en janvier. Du coup, une partie des baisses d'impôts intervenues en début d'années a dynamisé la consommation du mois de février, expliquant une grande partie la solidité des ventes au détail", note Aurel BGC.

"Pour mars, la situation est plus complexe. Certes, le taux d'épargne des ménages était encore relativement élevé en février (au regard de la norme américaine), mais le salaire horaire stagne. La masse salariale versée aux ménages progresse légèrement, grâce à la reprise des créations d'emploi, mais sa croissance est insuffisante pour éviter une contraction du salaire réel moyen à court terme."

"La principale inquiétude ne porte toutefois pas à court terme sur les pressions sur le pouvoir d'achat. Celles-ci restent modestes, le taux d'épargne des ménages est relativement élevé et les ménages peuvent recourir aux crédits à la consommation. Au regard de leurs marges sur les crédits, les banques ont aujourd'hui tout intérêt à prêter aux ménages. Le choc inflationniste peut être lissé et la consommation des ménages resterait soutenue."

"La perception de l'inflation des ménages, telle qu'elle ressort des enquêtes, s'est, toutefois, sensiblement redressée. Elle retrouve des niveaux de la mi-2008. Les ménages perçoivent un choc pétrolier. Ils pourraient donc changer drastiquement leur comportement de consommation. Le risque est clairement sur les biens durables, et plus particulièrement sur des secteurs comme les matériaux de construction et matériels de bricolage (d'autant que les statistiques sur l'immobilier résidentiel restent exécrables), l'équipement du logement et des achats importants dans l'électronique par exemple."

"Certes, sur le mois de mars, les ventes de voitures n'étaient très négatives. Le recul global des ventes s'expliquait principalement par la baisse des rabais consentis par GM, rabais qui étaient très agressifs au mois de février. Mais l'examen des statistiques par modèles montre que la demande s'est essentiellement portée sur les véhicules les moins consommateurs d'essence. Dans les prochains mois, toutefois, il faudra rester prudent dans l'interprétation des ventes de voitures."

"Une éventuelle contraction pourrait résulter de difficultés des producteurs à fournir la demande en raison de la pénurie de pièces en provenance du Japon, plus que d'une baisse de la demande. Les ventes d'automobiles ne seront peut être plus les données les plus significatives dans les prochains mois pour évaluer la conjoncture américaine. Par contre, les ventes des grandes surfaces seront plus instructives sur le dynamisme de la consommation pour les prochains mois. Un tassement ne serait pas un élément positif pour l'avenir..."

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