Les pays émergents pourraient monter à 80% des allocations (BNP IP) | Bourse Reflex
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Les pays émergents pourraient monter à 80% des allocations (BNP IP)

Mercredi 27 Oct 2010 à 17:02

(AOF / Funds) - "On le sait, les actions des marchés émergents restent attractives en termes de valorisations classiques, et ce malgré la disparition de la prime de risque par rapport aux pays développés dont elles bénéficiaient ; en effet, les perspectives de croissance de ces pays sont telles que leurs actions semblent encore aujourd'hui relativement sous-évaluées", affirme BNP Paribas IP. Le gestionnaire estime même que, si les portefeuilles étaient construits en rapport avec le poids démographique des pays, les émergents pourraient représenter 80% des allocations.

"Notre analyse montre que la corrélation entre marchés émergents et développés s'élève aujourd'hui à 90%, contre 50% en 2000 : le pouvoir diversifiant des actions émergentes semble s'être donc atténué. En affinant, on constate que cette corrélation, est surtout vraie pour les BRIC, les quatre pays à plus forte capitalisation parmi les émergents. Et qu'elle ne fait pas suffisamment état de l'hétérogénéité entre les marchés émergents eux-mêmes."

"En effet, si l'on prend les marchés émergents deux à deux, ou si l'on compare les valeurs composant l'indice msci EM entre elles, on constate que la corrélation reste faible (entre 30% et 40%), bien que la tendance soit à une croissance sur le long terme. Les actions des pays émergents autres que les BRIC peuvent ainsi toujours être considérées comme de véritables actifs de diversification."

"Au début des années 90, la liquidité sur les marchés actions des pays développés était 40 fois supérieure à celle des pays émergents ; aujourd'hui, elle n'est plus que dix fois supérieure. Les actions émergentes présentent donc moins de risques de liquidité qu'auparavant pour les investisseurs. De plus, cette liquidité - contrairement à ce qui est souvent avancé comme motif de prudence - ne concerne pas seulement un top 10 des plus grandes entreprises dans chaque marché émergent. En effet, la proportion de sociétés traitant entre 10 millions et 100 millions de dollars américains par jour est d'environ 55% de l'univers total de l'index MSCI EM tant sur les marchés émergents que sur les marchés développés. Un point qui devrait rassurer les investisseurs inquiets sur le plan des liquidités."

"Nous pensons qu'une des principales justifications d'investissement repose sur le fait que le poids en capitalisation boursière des marchés émergents est aujourd'hui encore nettement sous-pondéré. En effet, les capitalisations sont généralement évaluées en free float dans les indices mondiaux, c'est-à-dire la partie du capital traitée librement sur les marchés (contrairement au reste qui peut être détenu par le gouvernement par exemple), ce qui représente 56% du capital total dans les pays émergents contre 82% dans les pays développés. Cette évaluation conduit à considérer que les marchés émergents représentent aujourd'hui 13% du poids financier mondial. Si l'on considère la capitalisation boursière totale, ce chiffre monte à près de 21%, un poids théorique, mais qui donne la tendance à long terme."

"Ce poids des capitalisations des émergents devrait également s'accroître du fait des introductions en bourse. 70% des ipo (Initial Public Offerings) sont aujourd'hui réalisées sur les marchés émergents, contre 20% en 2000. Investir dans les actions émergentes revient donc à anticiper ce phénomène d'ouverture du capital, qui ne manquera pas de s'amplifier dans les années à venir.

"Historiquement, le poids économique des émergents, mesuré par leur poids dans le PIB mondial et leur poids financier, représenté par leur capitalisation boursière dans le monde, ont évolué de façon fortement corrélée, à l'exception de la crise de 1998. Le poids des émergents dans le PIB mondial est donné à 28% actuellement et la croissance économique de cette zone est attendue comme supérieure à celle des développés. Ainsi, leur poids financier devrait suivre la même tendance : si l'on voulait construire une stratégie d'allocation en accord avec cette prévision, la part des actions émergentes dans le portefeuille, aujourd'hui à 13%, devrait augmenter pour avoisiner les 28%."

"Si l'on considère que le poids financier des émergents rejoindra un jour leur poids démographique, cette proportion pourrait même s'élever à plus de 80% ! Investir dans les actions émergentes a donc encore beaucoup de sens aujourd'hui."

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