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L'heure n'est pas encore venue de jeter l'éponge sur les Bourses

Vendredi 03 Sep 2010 à 12:20

(AOF / Funds) - "L"heure est-elle venue de jeter l'éponge sur les marchés d'actions ?" s'interroge Peter Ferket, gérant chez Robeco. "Pour les investisseurs qui ne souhaitent plus traverser une nouvelle crise, il s'agirait de la meilleure stratégie. Mais gardons à l'esprit que les crises ont toujours existé, et celle-ci ne sera pas la dernière. Il s'agit là de la seule certitude qu'un investisseur peut avoir. Une crise a également un rôle clair : stopper en peu de temps les excès qui se sont instaurés sur une longue période, afin de créer un nouveau point de départ."

"De ce fait, une crise n'est pas uniquement une menace mais également une opportunité pour les investisseurs. Prenons l'exemple de la fin des années 90. Les investisseurs sont passés de la crise asiatique en 1997 à la crise russe en 1998. Et avec un rendement d'environ 100% en 1999 et 100% cumulé sur la décennie suivante, jeter l'éponge sur les marchés émergents n'aurait pas été une bonne idée", juge le gestionnaire.

"La crise actuelle offre-t-elle des opportunités ? Je répondrais oui, définitivement. Les dépenses en infrastructures par exemple connaîtront une croissance sans précédent dans les prochaines années. Cette expansion sera alimentée d'un côté par l'énorme besoin des marchés émergents en infrastructures nouvelles, d'un autre par la nécessité de remplacer les infrastructures obsolètes et consommatrices d'énergies dans les pays développés. De plus, de nouveaux consommateurs ont émergé ces dernières décennies. La croissance élevée a permis le développement d'une classe moyenne dans les pays émergents. Cette population ne se contente plus du simple nécessaire et participe à la hausse de la demande en produits de luxe."

"En 2009, les ventes d'automobiles en Chine ont surpassé celles aux Etats-Unis. En occident, l'engouement pour le digital a définitivement explosé : communiquer, se relaxer, acheter, travailler sont des activités de plus en plus digitalisées."

"La crise a fait prendre conscience aux consommateurs, aux producteurs et aux gouvernements du fait qu'un changement est nécessaire pour atteindre une croissance durable. L'utilisation économique des sources d'énergies existantes et l'investissement dans les énergies alternatives est devenus un standard, tant dans les pays développés qu'émergents. De grands Etats comme l'Allemagne, la Chine, le Brésil ouvrent la voie, ce qui est une chance. Après tout, une crise écologique mondiale, engendrée par une marée noire qui s'étendrait du Golf du Mexique aux autres océans, serait un véritable désastre."

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