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L’Europe est-elle « vendue » à l’industrie des OGM ?

Lundi 08 Fév 2010 à 09:23


Ce sont quatre organisations non gouvernementales (Corporate Europe Observatory, Amis de la Terre, Lobbycontrol et Testbiotech) qui ont déclenché les hostilités il y a quelques jours. Dans une lettre adressée à Manuel Barroso, président de la Commission européenne, le 21 janvier, les ONG exigent des explications sur une affaire très embarrassante pour l’UE, un cas de « portes tournantes ».

Pour Greenpeace, « c’est un véritable scandale qui agite le petit monde des hauts fonctionnaires européens » depuis la révélation, il y a quelques jours, d’un cas de « portes tournantes » qui remonte pourtant déjà à 2008. Les « portes tournantes », c’est l’expression imaginée pour décrire les allers et retours de fonctionnaires européens entre des institutions européennes et le secteur privé, ce qu'on appelle parfois en France le « pantouflage ».
 

De la direction OGM de l’agence européenne… à Syngeta

L’affaire concerne Suzy Renckens, ancienne directrice du département OGM au sein de l’EFSA ou AESA en français (Agence Européenne de Sécurité des Aliments) d’avril 2003 à mars 2008. Haut fonctionnaire européen jusqu’à cette date, Suzy Renckens est devenue quelques semaines plus tard salariée du groupe agro-semencier Syngenta avec pour mission de sensibiliser et convaincre les autorités européennes comme l’EFSA des vertus des OGM.

Il faut dire que les lobbyistes n’ont pas joué la discrétion dans cette affaire. Car l’EFSA (ou AESA) est l’organisme idoine en matière d’OGM. Expert officiel de l'Union Européenne en matière alimentaire, il joue un rôle central dans l'évaluation des risques liés aux plantes transgéniques ainsi que dans la gestion de ses applications. S’il n’émet que des avis, l’EFSA, il influence directement les décisions de la Commission, du Parlement et des Etats membres de l'Union Européenne en matière d'autorisation de semences génétiquement modifiées.

Greenpeace souligne que l’EFSA s’est montrée étrangement silencieuse dans cette affaire, alors que l’organisme prévoit pourtant en principe, que les nouveaux postes des ex-fonctionnaires européens sont soumis à son approbation jusqu’à 2 ans après leur démission. L’agence européenne n’aurait contacté l’intéressée qu’après que l’affaire ait été révélée, en décembre dernier.
 

Manque de transparence

L’affaire est particulièrement embarrassante pour la nouvelle Commission européenne Barroso qui est en train justement de se former. Soupçonnées par beaucoup d’écologistes d’être ouvertement pro-OGM, les autorités européennes vont devoir apporter plus de clarté et de transparence sur son mode de fonctionnement et les collusions éventuelles entre les lobbyistes qui grouillent à Bruxelles et Strasbourg et ses hauts fonctionnaires, parfois tentées par les propositions alléchantes du privé.

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