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Turquie : un redressement à confirmer

Vendredi 09 Oct 2009 à 17:20

(AOF / Funds) - La Turquie s'étant largement tournée vers les financements extérieurs afin de permettre le développement du secteur privé et de faire face au déficit de sa balance courante, nombre d'analystes ont craint que l'économie turque ne s'effondre avec la crise mondiale et le durcissement des conditions de crédit sur les marchés internationaux de capitaux. Avec un besoin de financement externe à court terme atteignant une centaine de milliards de dollars et des réserves de change inférieures d'un tiers, la Turquie aurait pu plonger dans une crise aussi importante que celle de 2000-2001. Par ailleurs, au problème de la liquidité internationale est venu s'ajouter l'affaiblissement de la demande mondiale.

Même si l'activité économique accuse une forte contraction depuis mi-2008, il semble toutefois que le pire ait été évité. Le gouvernement turc a réagi rapidement en prenant notamment des mesures fiscales temporaires et ciblées. La banque centrale a quant à elle réduit fortement son taux directeur. Enfin, les banques se sont révélées assez liquides et capitalisées pour faire face à la crise financière et au risque de crédit. « La Turquie est confrontée à une crise radicalement différente de celle d'il y a dix ans, tant dans sa forme que dans sa profondeur, » expliquent les économistes du Crédit Agricole.

Puisque les causes de cette crise sont externes, la reprise qui se dessine se confortera progressivement avec le redressement de la demande mondiale et l'assouplissement des conditions de financement sur les marchés internationaux. Les premiers signes de rebond apparaissent, comme en témoignent la hausse de confiance des ménages et des entreprises et la progression du taux d'utilisation des capacités de production. La croissance de l'économie turque pourrait ainsi être de l'ordre de 2-3 % dès 2010.

Néanmoins, la politique fiscale du gouvernement pourrait entraîner une dégradation des finances publiques et décourager les investisseurs extérieurs, même si le plan triennal récemment présenté tente d'amenuiser ces inquiétudes. « Outre l'assainissement plus avant des finances publiques, l'enjeu majeur sera d'améliorer la productivité de l'ensemble de l'économie et de ramener progressivement le secteur informel dans le formel, » estiment les économistes du Crédit Agricole. Ces réformes structurelles auront pour beaucoup un coût social et politique et leur mise en place sera vraisemblablement lente et difficile.

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