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La Banque Postale Asset Management opte pour le crédit

Mardi 17 Fév 2009 à 09:51

(AOF / Funds) -

Le scénario macroéconomique retenu par La Banque Postale Asset Management (LBPAM) est celui d'une récession forte et durable. «Il ne s'agit pas d'une récession classique, explique Rachid Medjaoui, adjoint au directeur de la gestion et directeur de la gestion tactique de l'allocation d'actifs à LBPAM. La contraction de l'activité est due au resserrement du crédit. Il va falloir trouver un mode de fonctionnement qui ne sera pas uniquement basé sur le crédit et cela prendra du temps». Cet environnement devrait ainsi peser durablement sur les marchés financiers. «On assiste à une dislocation des marchés, poursuit Rachid Medjaoui. Certaines classes d'actifs sont sous-évaluées, tandis que d'autres sont sur-évaluées». Le crédit, les actions et les matières premières seraient ainsi sous-évalués et les obligations d'Etat ainsi que la volatilité, que le gérant considère comme une classe d'actifs, seraient sur-évaluées. Parmi les actifs attractifs, le gérant privilégie le crédit émis par les entreprises. «La prime de risque offerte sur les obligations d'entreprises est tellement élevée actuellement qu'elle protège contre les risques de défaut», indique Rachid Medjaoui. Toutefois, à l'intérieur de cette classe d'actifs, le gérant se révèle prudent. «Nous sélectionnons les titres non spéculatifs, c'est-à-dire notés Investment Grade, car dans le high yield les risques de défaut ont été réévalués à la hausse récemment, selon Rachid Medjaoui. Par ailleurs, nous évitons tous les secteurs cycliques.»

En revanche, en ce qui concerne les deux autres classes d'actifs sous-évalués, LBPAM estime qu'il est encore trop tôt ou trop risqué pour renforcer les positions. «Les matières premières et notamment les matières premières agricoles sont à des niveaux de cours trop bas, mais compte tenu de notre scénario, il est encore trop tôt pour revenir sur cette classe d'actifs», indique Rachid Medjaoui. A l'identique, le gérant estime qu'il faudra encore du temps avant un retour à la normale sur les marchés d'actions. «Les analystes n'ont pas encore intégré toutes les mauvaises nouvelles, relate Rachid Medjaoui. Par ailleurs, les acheteurs potentiels sont tous en retrait. Les hedge funds sont en grande difficulté, les investisseurs à très long terme comme les assureurs sont pour des raisons prudentielles sous-pondérés en actions et les gérants affichent un biais défensif.» En revanche, même si les obligations d'Etat apparaissent comme des actifs chers, le gérant préconise de les conserver. «Il n'y a pas de krach obligataire à redouter et cela en dépit du volume des émissions, avance Rachid Medjaoui. Il nous apparaît par ailleurs important de conserver des titres d'Etat en complément du crédit et d'en rajouter en cas de dérapage significatif».

En ce qui concerne la volatilité, le gérant adopte un profil plutôt vendeur, mais sans se précipiter car elle devrait être encore élevée cette année. Enfin, le gérant préconise d'investir sur les changes en cette période de crise. «Avant la crise, le marché des changes était dominé par des opérations de carry trade, indique Rachid Medjaoui. Il affiche maintenant une dislocation très forte.» Dans un tel contexte, le gérant parie sur le dollar contre l'euro. «Les Etats-Unis seront les premiers à sortir de la crise et si elle se prolonge l'aversion contre le risque devrait favoriser le dollar», selon Rachid Medjaoui.

Sandra Sebag

Allocations d'actifs modèles au 16 février 2009

Prudent

:

Actions Europe : 4%

Monétaire euro : 42,5%

Monétaire devises (dollar US) : 3%

Obligations privées : 15%

Obligations Etat : 2%

Actions non cotées* : 2%

Actions émergentes : 2%

Actions internationales : 3%

quilibré

:

Monétaire euro : 5%

Monétaire devises (dollar US) : 4%

Obligations privées : 30%

Obligations Etat : 24%

Actions non cotées* : 2%

Actions émergentes : 2%

Actions internationales : 14%

Actions Europe : 19%

Dynamique

:

Monétaire devises (dollar US) : 5%

Obligations privées : 20%

Obligations Etat : 12%

Actions non cotées* : 2%

Actions émergentes : 2%

Actions internationales : 21%

Actions Europe : 37%

Monétaire euro : 1%

*private equity, infrastructure, immobilier

=

Recommandations d'investissement au 16 février 2009

=

• Les obligations sont privilégiées.

• Le crédit des entreprises, tout en restant à l'écart des secteurs cycliques.

• Les emprunts d'Etat.

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