La Bourse de Paris a terminé en baisse mardi (-0,26%) dans un marché affaibli par la sanction de Moody's à l'encontre de plusieurs pays européens et un indicateur américain décevant.
Le CAC 40 a perdu 8,91 points à 3.375,64 points, dans un volume d'échanges de 2,716 milliards d'euros. La veille, il avait pris 0,34%.
Parmi les autres places boursières européennes, Francfort a perdu 0,15% Londres 0,10% et l'Eurostoxx 50 0,13%.
"Il n'y a pas énormément de volumes. Le marché reste globalement calme", observe Guillaume Garabédian, gérant chez Meeschaert Gestion Privée.
Le marché parisien s'est montré indecis au fil de la séance, affecté en début de séance par Moody's, puis rassuré par un indicateur allemand, avant de repasser dans le rouge dans l'après-midi après une statistique américaine.
"Le marché bataille sur la zone des 3.400 points", ajoute M. Garabédian, pour qui les statistiques américaines "en demi-teinte n'aident pas à dépasser ce seuil".
Les ventes de détail aux Etats-Unis ont progressé de 0,4% en janvier sur un mois, alors que les analystes les donnait en hausse de 0,8%.
Auparavant, "les investisseurs, initialement prudents en raison de lâabaissement de perspective des notes souveraines de la France et du Royaume-Uni par Moodyâs, ainsi que la dégradation de plusieurs pays européens dont lâItalie et lâEspagne, se sont manifestés avec davantage de vigueur suite à la publication du ZEW", rappellent les analystes chez IG Markets.
Le baromètre ZEW, qui mesure les attentes des milieux financiers pour l'économie allemande, a bondi de manière surprenante en février, s'établissant pour la première fois depuis mai 2011 en terrain positif.
Par ailleurs, les emprunts réalisés avec succès de l'Espagne et l'Italie ont permis de rassurer un peu les investisseurs après les annonces de Moody's.
L'agence de notation a sanctionné lundi soir neuf pays européens, en abaissant la note de six d'entre eux et en plaçant le Aaa de la France sous perspective "négative", ce qui signifie une possibe rétrogation à moyen terme.
Le marché a subi une nouvelle fois "un peu d'incertitudes sur la Grèce, même s'il n'y a rien eu de neuf", souligne M. Garabédian.
Les investisseurs se préparaient à une réunion des ministres des Finances européens mercredi soir qui doit permettre d'avancer sur le déblocage du second plan d'aide à la Grèce et en dire plus sur les négociations avec les créanciers privés, après le feu vert du Parlement grec dimanche à un plan d'austérité.
Parmi les valeurs, les "financières sont pénalisées par la fin de lâinterdiction de vente à découvert de lâAMF (Autorité des marchés financiers, ndlr)", souligne IG Markets.
BNP Paribas, à la veille de ses résultats 2011, a perdu 2,36% à 33,52 euros, Crédit Agricole 4,97% à 4,88 euros et Société Générale 3,69% à 21,90 euros.
L'Oréal a gagné 3,77% à 84,73 euros après des résultats 2011 supérieurs aux attentes. Son patron Jean-Paul Agon a indiqué qu'il ne percevait "pas de signe de ralentissement" du marché mondial des cosmétiques qu'il juge toujours "porteur" avec une croissance attendue en 2012 "de l'ordre de 4%".
Bureau Veritas a pris 1,35% à 58,77 euros alors que son dirigeant historique Frank Piedelièvre va prendre du recul en abandonnant la direction exécutive du groupe
Recylex a chuté (-8,35% à 3,95 euros) après avoir publié un chiffre d'affaires moins bon que prévu au quatrième trimestre de 2011.
Enfin, Atari a pris 1,51% à 2,02 euros. Le groupe maintient ses objectifs de rentabilité au second semestre de son exercice décalé 2011/2012, après avoir vu ses revenus progresser de 20,7% au troisième trimestre.