Le cacao a poursuivi son repli cette semaine, en dépit des inquiétudes persistantes sur les dégâts infligés par des vents chauds aux récoltes ivoiriennes, tandis que le robusta rebondissait vigoureusement, dopé par des craintes sur l'offre, et que le sucre regagnait du terrain.
CACAO
Après une chute de 6% la semaine précédente, le prix du cacao a encore creusé ses pertes, toujours tiré vers le bas par l'introduction fin janvier d'un nouveau système officiel de vente en Côte d'Ivoire, premier pays producteur de fèves brunes, qui risque de gonfler les stocks à l'exportation.
"L'idée est que ces ventes aux enchères (de cacao) devraient stabiliser les flux de fèves exportées, et cela pèse sur les prix", ont expliqué les experts de la revue spécialisée Public Ledger.
D'autant plus que les principaux négociants, d'abord réticents à participer au programme -- dont ils critiquaient le manque de transparence --, se rapprochent d'un compromis avec les autorités ivoiriennes pour intégrer le nouveau système, a ajouté la revue.
Cependant, le marché reste "soutenu par les inquiétudes sur la production ouest-africaine cette saison, qui pourrait être sévèrement plombée par le violent harmattan", vent sec et chaud soufflant depuis le Sahara, a souligné Kate Tang, analyste de Barclays Capital.
Selon l'Organisation internationale de cacao (ICCO), le volume de fèves arrivé entre octobre et fin janvier dans les ports ivoiriens a reculé de 3% par rapport à la même période un an auparavant.
Face à une demande mondiale toujours robuste, "la restriction de l'offre ouest-africaine pourrait entraîner un déficit de production sur le marché mondial cette saison", a averti l'ICCO
Vendredi vers 13H00 GMT, sur le Liffe de Londres, la tonne de cacao pour livraison en mars valait 1.433 livres contre 1.447 livres la semaine précédente vers 10H30 GMT.
Sur le NYBoT-ICE américain, le contrat pour la même échéance valait 2.199 dollars la tonne contre 2.232 dollars sept jours auparavant.
CAFE
Le prix de l'arabica s'est stabilisé à New York tandis que le robusta a fortement rebondi à Londres, atteignant vendredi 2.000 dollars la tonne, un sommet depuis début décembre, dopé par des inquiétudes persistantes sur l'offre mondiale.
L'Organisation internationale du café (ICO) a ainsi révisé mercredi en nette baisse ses prévisions pour la récolte mondiale en 2011-2012, à 130,9 millions de sacs de 60 kg (en baisse de 2,4% sur un an), contre une estimation précédente de 132,4 millions de sacs.
Si la production du Brésil (principal exportateur mondial) devrait bondir de 16% cette année, les récoltes s'annoncent en revanche médiocres en Colombie et en Indonésie (3e et 4e pays exportateurs), affectés par de fortes pluies.
Par ailleurs, les exportations de robusta en provenance du Vietnam (2e pays producteur) ont fortement ralenti ces derniers jours: selon The Public Ledger, les agriculteurs vietnamiens retiennent jusqu'à 60% de leur récolte de robusta, préférant attendre que les prix de vente pratiqués localement remontent.
Sur le Liffe de Londres, la tonne de robusta pour livraison en mars valait 1.973 dollars vendredi vers 13H00 GMT contre 1.826 dollars le vendredi précédent vers 10H30.
Sur le NYBoT-ICE à New York, la livre d'arabica pour livraison en mars cotait 215,85 cents contre 215,95 cents la semaine précédente.
SUCRE
Les cours du sucre se sont ressaisis cette semaine, soutenus par l'optimisme des marchés sur le dossier grec - l'affaiblissement du dollar face à un euro revigoré rendant plus attractifs les achats de sucre libellés dans la monnaie américaine.
Mais l'abondance sur l'offre mondiale continue de peser sur les cours, renforcée par la décision de l'Inde (2e producteur mondial) d'augmenter ses exportations de 1 million de tonnes cette année, a tempéré Kate Tang.
Sur le Liffe de Londres, la tonne de sucre blanc pour livraison en mars valait 650,30 dollars vendredi à 13H00 GMT contre 629,20 dollars le vendredi précédent vers 10H30.
Sur le NYBoT-ICE américain, la livre de sucre brut pour livraison en mars cotait 24,31 cents contre 23,61 cents une semaine plus tôt.