La Bourse de Paris a terminé en timide hausse jeudi, malgré l'accord entre les partis gouvernementaux grecs sur les exigences posées par les bailleurs de fonds du pays (UE et FMI) qui ouvre la voie au déblocage d'une nouvelle aide de 130 milliards d'euros.
Le CAC 40 s'est octroyé 0,43% à 3.424,71 points dans un volume d'échanges de 3,163 milliards d'euros.
Un accord sur les mesures de rigueur réclamées par l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI) a été conclu au sein du gouvernement grec de coalition et les négociations entre le pays et ses créanciers privés ont abouti, selon le ministre des Finances, Evangélos Vénizélos.
"Le marché a salué ces avancées, mais il a effacé rapidement ses gains car de grandes questions demeurent", commente Alexandre Baradez, analyste des marchés chez Saxo Banque.
"La troïka ne va pas débloquer le prêt aujourd'hui" lors de l'Eurogroupe qui se réunit en fin d'après-midi, souligne notamment l'analyste.
"Il n'y aura pas de résultat" à l'issue de ce forum des grands argentiers de la zone euro, a d'ailleurs prévenu le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble.
Une autre inconnue demeure: le rôle qu'est prête à endosser la Banque centrale européenne (BCE) dans le dossier.
Lors de la conférence de presse mensuelle de l'institut, son président Mario Draghi, a refusé de se prononcer sur le traitement des avoirs grecs détenus par son institution, soit environ 45 milliards d'euros.
Son discours n'a pas joué sur la tendance.
L'institution basée à Francfort a décidé sans surprise de laisser son principal taux directeur inchangé à 1%.
"M. Draghi nâa pas exclu explicitement dâautres baisses de taux, mais il est clair que, pour avoir des effets sur lâéconomie réelle, une telle action réclame dâavoir rétabli dâabord le bon fonctionnement du système bancaire", souligne Bruno Cavalier, chef économiste chez Oddo Securities.
Concernant la deuxième opération de refinancement à trois ans prévue fin février, le président de la BCE a évoqué un montant "qui pourrait être autour de celui de la dernière fois", à la mi-décembre 2011, soit près de 500 milliards d'euros.
Outre-Atlantique, les bonnes nouvelles sur le front de l'emploi ont peu profité au marché parisien. La baisse des nouvelles inscriptions au chômage s'intensifie, confirmant l'amélioration du marché du travail depuis plusieurs mois.
Les investisseurs ont aussi été amenés à digérer les nombreuses publications d'entreprises.
Le secteur bancaire a profité des avancées en Grèce. Société Générale a terminé en tête de la cote (+5,39% à 25,13 euros) suivi par Crédit Agricole (+3,27% à 5,60 euros). BNP Paribas a pris 1,09% à 36,54 euros.
GDF Suez a essuyé la plus forte baisse du CAC 40 (-4,81% à 20,29 euros) après la publication de bons résultats 2011 mais de perspectives 2012 jugées décevantes.
Publicis n'a grignoté que 0,11% à 39,82 euros, malgré un bénéfice net record en 2011 et des perspectives optimistes pour 2012.