Les actions du groupe minier australien Lynas étaient en forte hausse jeudi à la Bourse de Sydney après le feu vert donné par la Malaisie à une vaste usine controversée de traitement de terres rares malgré les craintes pour l'environnement.
L'usine, basée dans l'Etat de Pahang (est de la Malaisie), sera ainsi une des rares structures dans le monde pour le traitement de ces métaux indispensables à la fabrication de produits de haute technologie, qui vont des missiles aux téléphones portables, en passant par les voitures électriques et les éoliennes.
Le Conseil de licence pour l'énergie atomique de Malaisie a accordé mercredi une licence provisoire pour l'entrée en activité de l'usine pour une période de deux ans, sous des conditions très strictes de sécurité.
La licence peut être révoquée en cas de manquement aux obligations liées notamment à la gestion des déchets dangereux présents dans ces métaux. L'usine traitera des terres rares provenant d'Australie.
L'action Lynas a pris 19,1% à la Bourse de Sydney, à 1,59 dollar australien (1,29 euro), à la clôture de la séance.
Le groupe australien insiste sur les précautions qu'il a prises dans ses opérations, mais plusieurs opposants à ce projet redoutent des fuites de déchets radioactifs qui mettront en danger l'environnement et la santé des habitants.
Le démarrage de la production est prévu pour le deuxième trimestre 2012.
A l'heure actuelle, 97% de la production de "terres rares" provient de Chine, qui ne dispose pourtant que d'environ un tiers des ressources mondiales et où l'extraction provoque de gros dégâts sur l'environnement et les populations.
Pékin resserre de plus en plus le contrôle sur ces éléments minéraux stratégiques dont il a restreint les exportations, faisant monter les prix et provoquant des protestations de la part de plusieurs de ses principaux partenaires économiques, notamment du Japon.
Les pays acheteurs tentent depuis plus d'un an de diversifier leurs sources d'approvisionnement.