L'Indonésie, premier exportateur mondial d'étain, a instauré mercredi sa propre Bourse de l'étain, dans le but de peser de tout son poids sur les cours mondiaux face à l'omnipotent London Metal Exchange (LME), la Bourse des métaux londonienne.
L'"Indonesia Tin Market" (Inatin) a finalement vu le jour à 14h30 (07h30 GMT), après de multiples atermoiements. Le projet avait eu du mal à rassembler les producteurs, les désaccords entraînant même le départ du directeur exécutif de l'Association indonésienne de l'étain (ITA). Le lancement de l'Inatin, initialement prévu au mois de décembre, avait ainsi été reporté à plusieurs reprises.
Neuf compagnies minières indonésiennes ont pris part à la Bourse, notamment le numéro mondial Timah.
L'Inatin a été créé dans le cadre de l'Indonesia Commodities and Derivatives Exchange (ICDX), le marché indonésien des matières premières et dérivés.
Il vise à accroître le contrôle de l'Indonésie sur les cours mondiaux, qui échappent largement au pays, pourtant deuxième producteur et premier exportateur mondial d'étain.
Jusqu'alors, l'étain indonésien était coté sur le LME de Londres.
L'Inatin ouvrira tous les jours à 14h30 (07h30 GMT) et pour quinze minutes, soit avant le LME.
"Le but est d'assurer la stabilité des prix", a expliqué le responsable de l'ICDX Megain Widjaja.
Les producteurs indonésiens souffrent des mouvements de yo-yo du métal, dont le cours s'est récemment écroulé à 18.000 dollars la tonne après avoir battu des records à la hausse, à 33.000 dollars.