Après le président, le directeur général de la Royal Bank of Scotland (RBS) a fini par céder à la pression politique en renonçant à un bonus de plus d'un million d'euros, qui suscitait l'indignation en Grande-Bretagne et mettait le gouvernement en position inconfortable.
Le directeur général Stephen Hester devait recevoir cette année un bonus de 963.000 livres (1,15 million d'euros), soit un peu moins de la moitié de l'an dernier, en plus de son salaire de 1,2 million de livres.
Ce bonus attribué au patron d'une banque détenue à 82% par l'Etat depuis son sauvetage à grands frais durant la crise financière avait suscité un tollé jusque dans le rangs du gouvernement du Premier ministre conservateur David Cameron.
Sous la pression générale, M. Hester a fini par y renoncer dans la nuit de dimanche à lundi, a fait savoir la banque, sans autre commentaire.
La décision de M. Hester a été accueillie avec soulagement par le ministre des Finances George Osborne.
"C'est une décision sensée et bienvenue qui permet à Stephen Hester de se concentrer sur le travail très important qu'il a à faire, récupérer les milliards de livres des contribuables injectés dans la banque", a déclaré le chancelier de l'échiquier.
La décision de M. Hester a "sorti David Cameron d'un casse-tête politique", a commenté le quotidien conservateur The Times.
L'opposition travailliste avait en effet dénoncé l'impuissance du gouvernement à limiter les très hauts salaires en dépit de ses promesses et projetait de faire voter une motion de protestation par le Parlement.
La situation était devenue d'autant plus inconfortable pour David Cameron que des critiques avaient même émané de membres du gouvernement et du parti conservateur.
La pression sur M. Hester était encore montée samedi, lorsque le président du conseil d'administration de RBS, Philip Hampton, avait renoncé à une gratification de 1,4 million de livres (1,7 million d'euros) en actions qui lui avait été accordée quand il avait rejoint l'établissement.
Le chef de l'opposition Ed Miliband a salué lundi la décision de M. Hester, tout en renouvelant ses attaques contre le gouvernement.
"Il est dommage que David Cameron, qui apparaît faible et déconnecté des réalités, ne se soit pas rendu compte qu'il aurait dû agir dans l'intérêt des Britanniques", a-t-il déclaré.
Les bonus - censés fidéliser les financiers les plus talentueux - ont mauvaise presse en Grande-Bretagne et sont scrutés de près chaque année. Ils sont devenus encore plus impopulaires alors que le pays doit se serrer la ceinture en raison du plan d'austerité drastique mis en place par le gouvernement et que l'économie britannique s'est contractée au dernier trimestre 2011.
Le ministre des Affaires étrangères William Hague, une figure importante du parti conservateur, a jugé lundi qu'il ne fallait "pas exclure de faire plus" pour les limiter.
Des rémunérations exceptionnelles doivent encore être annoncées dans le reste du secteur financier privé, en particulier chez Barclays, sur lequel le gouvernement a encore moins de pouvoir.
Quant à M. Hester, il devrait encore bénéficier de plusieurs millions de livres en actions en vertu d'un plan d'incitation financière à long-terme.