Les prix des frets secs ont accentué leur chute la semaine dernière, s'enfonçant à leur plus bas niveau depuis 2008, plombés par le manque d'activité en Asie pendant les congés du Nouvel an lunaire, la surcapacité chronique de la flotte mondiale et la hausse des prix du carburant.
L'indice composite Baltic Dry Index (BDI), moyenne des prix pratiqués sur 24 routes de transport en vrac de matières sèches (minerais, charbon, métaux, céréales, etc.), a terminé vendredi à 726 points, son plus bas niveau depuis décembre 2008, contre 862 points le vendredi précédent.
Il s'est effondré de plus de 50% sur les trois premières semaines de l'année, s'enfonçant sous le seuil des 1.000 points pour la première fois depuis trois ans.
"L'activité a considérablement baissé la semaine dernière, avec les congés ayant suivi le Nouvel an lunaire" du 23 janvier, qui ont notamment paralysé la demande chinoise, moteur du marché dans le Pacifique, ont expliqué les experts de l'agent maritime Fearnleys.
Mais les difficultés rencontrés par le marché des frets sont plus profondes, ont-ils averti: "deux facteurs simples tirent les prix vers le bas: la demande de chargements dans le monde est en berne alors que l'offre de navires disponibles ne cesse de grandir".
"Le phénomène de surcapacité de la flotte mondiale n'est pas nouveau" mais conjugué à un environnement économique morose et au fort renchérissement des prix du carburant (+7,5% depuis début janvier), "il rogne dangereusement les marges financières des propriétaires de navires", a souligné Miswin Mahesh, analyste de Barclays Capital.
Dans ce contexte, contraints de baisser leurs prix pour s'adapter à une demande en berne, "plusieurs propriétaires n'arrivent même plus à couvrir leurs coûts de fonctionnement", a poursuivi M. Mahesh, estimant cependant que les prix ont tellement baissé qu'"un modeste rebond du marché semble presque inéluctable".
Le Baltic Capesize Index (BCI), qui compile les tarifs des "capesize" (navires contraints par leurs dimensions à naviguer au large des caps Horn et de Bonne-Espérance), a terminé vendredi à 1.465 points, à son plus bas niveau depuis mai 2011, contre 1.554 points sept jours auparavant.
Le Baltic Panamax Index (BPI), qui comporte sept routes (la plupart pour les céréales) empruntées par les navires adaptés aux dimensions du canal de Panama, a quant à lui fini vendredi à 815 points, un niveau inédit depuis janvier 2009, contre 1.020 points une semaine plus tôt, soit un recul hebdomadaire de 20%.
Les tarifs des frets pétroliers, de leur côté, limitaient leurs pertes, mais "il semble que les propriétaires de tankers soient eux aussi contraints d'attendre la fin des congés du Nouvel an lunaire en Asie pour voir l'activité sur le marché retrouver son rythme normal", ont noté les analystes de Fernleys.
L'indice Baltic Clean Tanker Index (BCTI), moyenne des prix pratiqués sur cinq routes de produits pétroliers raffinés (essence, gaz liquéfié, fioul de chauffage, etc.), a terminé vendredi à 658 points, au plus bas depuis quatre mois, contre 690 points une semaine auparavant.
L'indice Baltic Dirty Tanker Index (BDTI), moyenne des taux pratiqués sur onze routes de transport de pétrole brut, a fini à 825 points contre 849 points le vendredi précédent.