Le constructeur aéronautique américain Boeing a dépassé les attentes de Wall Street avec un bénéfice bien meilleur qu'attendu en 2011, dopé par sa division d'aviation commerciale et un remboursement d'impôt, mais ses prévisions ont déçu à cause du poids des retraites.
Sur l'ensemble de l'année, le bénéfice net est ressorti à 4,1 milliards de dollars, soit 4,81 dollars par action hors éléments exceptionnels, tandis que les analystes tablaient sur 4,49 dollars.
Sur le seul quatrième trimestre, il atteint 1,4 milliard de dollars, en hausse de 20% sur un an, y compris un remboursement d'impôt à hauteur de 52 cents par action.
Le bénéfice par action s'élève à 1,32 dollar hors éléments exceptionnels, alors que les analystes misaient en moyenne sur 1,01 dollar.
Le chiffre d'affaires 2011 a augmenté de 7% sur un an à 68,7 milliards de dollars, très légèrement au-dessus des prévisions.
Entre octobre et décembre, les ventes se sont accélérées grâce à une série de méga-commandes: elles ont progressé de 18% sur un an à 19,5 milliards de dollars, dont 10,7 milliards de dollars de ventes d'aviation commerciale (+31%), mieux qu'attendu.
Les ventes de la division de défense continuent à piétiner, plombées par l'aérospatiale: elles sont restées inchangées sur un an en 2011 à 32 milliards de dollars, avec une petite poussée de 4% au quatrième trimestre.
Pour cette année, le groupe table sur un bénéfice net de 4,05 à 4,25 dollars par action, moins élevé qu'en 2011 en raison d'"une hausse des dépenses liées aux retraites" de ses employés, qui vont atteindre 2,6 milliards de dollars. C'est nettement moins que prévu par les analystes (4,96 dollars).
Le groupe table également sur un chiffre d'affaires compris entre 78 et 80 milliards de dollars, mieux que les prévisions, et sur 585 à 600 livraisons dans la division aviation civile.
Ces chiffres comprennent un objectif de 70 à 85 livraisons à la fois pour le 787 et le 747-8, dont la moitié environ pour le 787.
En 2012, "nous sommes bien positionnés pour générer de la croissance et augmenter notre productivité malgré des budgets de Défense en baisse aux Etats-Unis" et des coûts de retraite en hausse, s'est félicité le PDG Jim McNerney, cité dans un communiqué.
Les priorités du groupe cette année sont "l'augmentation disciplinée des taux de production pour nos clients dans l'aviation commerciale" et la recherche de croissance aux Etats-Unis et à l'international dans le secteur de la défense, a-t-il conclu.
Les analystes ont laissé poindre leurs doutes mercredi lors d'une conférence téléphonique sur la capacité du groupe à honorer ses engagements de livraison mais Jim McNerney s'est dit "confiant dans les quantités de 747 et de 787 que (Boeing) prévoit de livrer".
L'environnement économique reste incertain dans le monde mais le trafic passager se montre "résilient", même si celui du fret se contracte, a-t-il souligné.
Le groupe est resté flou sur ses prévisions de commandes en 2012. "Nous aurons plus de commandes cette année que nous ne produirons d'avions", s'est contenté de dire M. McNerney. "Comparé à une année historique (en termes de commandes, en 2011), nous devrions connaître une autre année robuste, et c'est pris en compte dans nos anticipations de flux de trésorerie".
Interrogé sur la méga-commande de 200 Boeing par AMR annoncée cet été, M. McNerney a estimé que le fait que la compagnie aérienne se soit placée sous la protection de la loi sur les faillites "augmente les chances" que cette commande soit pleinement honorée.
"Nous nous sommes engagés à les livrer à partir de 2017 et estimons que leurs finances devraient être redressées d'ici là ", a-t-il conclu.
Boeing a fini l'année avec 11,3 milliards de dollars de liquidités.
L'action de Boeing reculait de 1,06% à 74,56 dollars à la mi-séance.