L'économie britannique s'est contractée de 0,2% au dernier trimestre de 2011, une performance pire que celle anticipée par les analystes et qui conforte les craintes d'un retour du pays dans la récession, selon une estimation officielle publiée mercredi.
La croissance du produit intérieur brut (PIB) s'établit à +0,8% par rapport à la même période de l'année dernière et à +0,9% sur l'ensemble de 2011, a indiqué l'Office des statistiques nationales.
Cette mauvaise performance devrait relancer les interrogations sur le bien-fondé de la politique d'austérité menée sans relâche par le Premier ministre conservateur David Cameron, accusée par ses détracteurs d'avoir "tué" la reprise. Elle intervient en outre au moment où le chômage est déjà au plus haut depuis 17 ans.
Dans une première réaction à la presse, le ministre des Finances George Osborne a reconnu que le recul du PIB était "très décevant" mais s'est dit déterminé à "ne pas dévier" de son plan de rigueur qui reste, selon lui, le seul possible pour juguler le déficit et la dette du pays.
"Les problèmes économiques du Royaume-Uni ont été aggravés par la situation dans la zone euro, par une crise qui se déroule à nos portes", a-t-il aussi plaidé.
La baisse de 0,2% PIB fin 2011, après une hausse de 0,6% au 3e trimestre, est deux fois plus importante que celle attendue par les experts. La plupart d'entre eux estiment désormais probable un retour du pays dans la récession après celle des années 2008/2009.
La récession se définit techniquement par deux trimestres d'affilée de contraction de l'économie.
Pour Vicky Redwood, du cabinet Capital Economist, "le Royaume-Uni est en fait déjà de retour dans la récession et l'économie va continuer de se contracter durant la majeure partie de cette année".
De son côté, la Banque d'Angleterre a signalé mercredi qu'elle était disposée à effectuer rapidement de nouvelles injections massives de liquidités pour soutenir l'économie, une politique qui a jusque-là aidé le Royaume-Uni à emprunter sur les marchés dans de bonnes conditions pour financer sa dette.