Crise: la zone euro se remet au travail dans un climat un peu apaisé | Bourse Reflex
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Crise: la zone euro se remet au travail dans un climat un peu apaisé

Lundi 23 Jan 2012 à 16:20

Les ministres des Finances de la zone euro tiennent lundi leur première réunion de l'année pour peaufiner leurs outils de lutte contre la crise de la dette, avec l'espoir que le plus dur est peut-être passé même si la Grèce reste menacée de faillite.

Malgré les dégradations en rafale de l'agence de notation Standard & Poor's, les marchés financiers sont imperturbables et les derniers emprunts obligataires d'Etats fragiles comme l'Espagne ou l'Italie ont été réalisés à des taux d'intérêt en forte baisse.

"Cela se voit dans la réaction des marchés, nous n'avons pas franchi la montagne, mais nous avons vu ces dernières semaines que, lors des derniers emprunts obligataires, les marchés recommençaient lentement à avoir confiance", a déclaré le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, dans un entretien diffusé par la chaîne ARD dimanche soir.

Le pic de la crise est-il vraiment derrière l'Union monétaire ou s'agit-il seulement d'une phase d'accalmie due aux centaines de milliards d'euros que la BCE justement a injectés dans les caisses des banques, leur permettant indirectement de revenir acheter de la dette publique?

C'est en tout cas dans un rare climat d'apaisement que les ministres des Finances de la zone euro doivent se retrouver lundi à Bruxelles à 14H30 (13H30 GMT). Ils seront rejoints dans la soirée par leurs homologues des dix pays n'ayant pas adopté l'euro et poursuivront leurs échanges mardi dans ce format à vingt-sept.

Un problème récurrent et toujours urgent les attend: la Grèce.

Le pays, qui doit rembourser 14,4 milliards d'euros le 20 mars s'il veut éviter la banqueroute, a cruellement besoin de 130 milliards d'euros de nouveaux prêts promis en octobre par ses partenaires. Le versement passe par un accord avec les créanciers privés de la Grèce pour réduire sa dette de 100 milliards d'euros. Ce sont "des vases communicants", explique une source européenne.

Un accord semble à portée de main dans les négociations à Athènes mais butent encore sur le taux d'intérêt qui sera accordé aux banques pour leurs nouvelles obligations.

Il n'est pas exclu en outre que l'UE demande de nouvelles économies budgétaires à la Grèce.

Autres sujets sur la table: le mécanisme de secours permanent pour les pays en difficulté de la zone euro, qui doit être mis en place en juillet, et le nouveau traité visant à renforcer la discipline budgétaire qui doit lui entrer en vigueur en janvier 2013.

Pour le Fonds de soutien permanent (MES), les ministres doivent statuer sur un système de prise de décision plus facile en renonçant à l'unanimité au profit d'un mécanisme de vote à la majorité qualifiée, malgré l'opposition de la Finlande.

Plus fondamentalement, les Européens sont divisés sur les moyens à lui donner. Plusieurs pays demandent qu'on aille au-delà de l'enveloppe de 500 milliards d'euros en principe prévue.

Le Premier ministre italien Mario Monti plaide ainsi pour un doublement du dispositif, à 1.000 milliards d'euros, afin de rassurer durablement les marchés et de faire faire baisser les intérêts sur les obligations d'Etat.

Dans le même temps, les ministres vont étudier comment lier l'octroi des aides de ce fonds à la ratification du nouveau traité qui impose des règles d'or de retour à l'équilibre budgétaire. Un projet de texte a été rédigé qui prévoit que les Etats ne le ratifiant pas soient exclus à l'avenir des programmes d'aide.

Reste désormais aux ministres à trancher les points litigieux, avant un accord final attendu lors du sommet des dirigeants européens le 30 janvier et une signature début mars. Berlin fait de ce pacte budgétaire une condition de sa solidarité financière envers les pays fragiles.

Parmi les sujets encore sensibles figure le format des sommets de la zone euro.

Le texte qui sera soumis aux ministres propose de convier le chef du Parlement européen aux sommets de la zone euro, ainsi que ponctuellement, les pays ayant ratifié le pacte mais n'utilisant pas la monnaie commune.

La France est plus que réservée car elle y voit un danger pour son idée de gouvernement économique de la seule zone euro. Mais "les Polonais poussent fort en ce sens", indique une source diplomatique européenne.

Un autre sujet délicat portera lundi soir sur une nomination au sein du directoire de la BCE pour y remplacer l'Espagnol José Manuel Gonzalez-Paramo dont le contrat arrive à son terme. Ce poste suscite beaucoup de convoitises.

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