L'agence de notation financière Moody's a baissé vendredi d'un cran à A2 la note de la dette à long terme du géant de l'électronique japonais Panasonic, en raison de la faible rentabilité de ses activités de TV et semi-conducteurs dans un marché fortement concurrentiel.
Moody's avait mis en garde le groupe électronique début novembre après que celui-ci eut révisé en très forte baisse ses prévisions de résultats annuels, du fait d'une concurrence infernale et de la cherté du yen, des facteurs qui laminent ses marges et l'obligent à une vaste restructuration.
Moody's va continuer à surveiller les efforts de Panasonic afin d'améliorer sa situation, mais sa note pourrait être encore dégradée à court terme si les effets ne se font pas sentir, prévient l'agence.
L'appréciation A2 est attribuée aux émetteurs jugés solides mais néanmoins vulnérables à des changements conjoncturels.
"La faiblesse de la situation financière de Panasonic risque de se poursuivre, étant donné l'environnement difficile dans lequel le groupe évolue", a justifié Moody's. "L'assise financière de Panasonic s'est détériorée depuis que la société a racheté les participations restantes dans ses deux principales filiales, Panasonic Electric Works et Sanyo Electric, une acquisition effective depuis avril 2011", a rappelé l'agence.
La dette de Panasonic a enflé et il est peu probable que le groupe parvienne à restaurer son profil financier à temps pour continuer de mériter la note A1.
Parmi les raisons les plus importantes de l'absence de rentabilité suffisante de Panasonic figurent les pertes dans ses activités de télévision et un déclin des revenus de son activité semi-conducteurs.
Panasonic a annoncé fin 2011 un plan de réduction significative de ses activités de fabrication de TV, en fermant des usines de dalles d'écrans à cristaux liquides (LCD) et plasma pour recourir davantage à des fournisseurs extérieurs et réduire ainsi ses coûts. Cette restructuration, accompagnée de dépréciations d'actifs et de suppressions d'emplois, couplée à celle de l'activité des semi-conducteurs, va lui coûter 514 milliards de yens (4,7 milliards d'euros) durant l'exercice en cours et entraîner une perte nette annuelle pour le moment évaluée à 420 milliards de yens (3,8 milliards d'euros).
Selon Panasonic, il s'agit cependant du prix à payer pour rendre de nouveau rentables ses téléviseurs et semi-conducteurs.