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La Grèce suspendue à un accord avec ses banques, la zone euro parle discipline

Vendredi 20 Jan 2012 à 07:10

La Grèce est restée suspendue jeudi à la conclusion d'un accord de désendettement avec ses banques, menant la "bataille finale" pour sa survie financière, après une journée de répit dans le reste de la zone euro qui tente de muscler sa discipline budgétaire avant le sommet du 30.

Les discussions entre le gouvernement grec et ses créanciers privés en vue d'une restructuration de la dette grecque "progressent" et continueront vendredi, a indiqué jeudi soir l'Institut de la finance internationale (IIF), qui négocie au nom des banques en vue d'un effacement d'une partie des créances d'Athènes.

Les négociateurs de l'IIF se sont prévalus de "discussions fructueuses" dans un communiqué diffusé après leur départ du Palais du gouvernement, où ils ont rencontré pendant plus de deux heures et demi le Premier ministre grec, Lucas Papademos et son ministre des Finances, Evangélos Vénizélos.

Auparavant, M. Papadémos avait lui aussi jugé le climat "très positif", dans une allocution sur la chaîne nationale Net, en précisant avoir reçu le soutien des chefs des trois partis de la coalition gouvernementale pour mener à bien cette négociation vitale pour le pays.

"Maintenant est venu le moment critique de la bataille finale", avait déclaré pour sa part le ministre des Finances aux députés, avant de rejoindre les autres négociateurs.

De fait, la Grèce est engagée dans une course contre la montre en menant de front une double négociation internationale pour tenter d'éviter une faillite en mars.

Elle tente d'une part d'alléger sa vieille dette auprès des banques et bailleurs de fonds privés, et d'autre part d'assurer sa survie en négociant avec la troïka de ses créanciers institutionnels UE-FMI-BCE le versement d'un deuxième prêt. En échange, elle doit s'engager sur des réformes structurelles qui seront discutées vendredi pour assainir les finances publiques du pays et lui permettre de retrouver une autonomie financière à terme.

Sans accord avec ses créanciers privés et publics, le pays ne pourra pas rembourser 14,4 milliards d'obligations arrivant à échéance le 20 mars, ce qui constituerait un défaut de paiement désordonné du pays, dont les effets menacent l'ensemble de la zone euro et au-delà.

Côté créanciers privés (banques, fonds d'investissements, hedge-funds, assureurs), Athènes cherche à les convaincre d'accepter volontairement de réduire de 100 milliards d'euros le montant de leur créance.

Vendredi dernier, les discussions avaient buté sur un désaccord entre les parties sur le taux d'intérêt que devra verser la Grèce sur les nouvelles obligations qui seront émises.

Les autorités grecques n'ont cessé de réaffirmer leur optimisme, jugeant mercredi soir qu'un accord était possible "avant la fin de la semaine".

Aucune information n'a filtré jeudi soir sur l'état d'avancement des discussions. Néanmoins, les détails sur le taux d'intérêt ainsi que l'ampleur exacte des pertes que devront supporter les banques, continuaient de faire l'objet de toutes les spéculations.

En cas d'accord, le gouvernement doit démarrer vendredi matin les discussions avec la troïka pour la convaincre de débloquer l'aide de 130 milliards d'euros d'aide promise fin octobre par les Européens à Bruxelles.

Le conseil d'administration du FMI a donné son autorisation mercredi soir pour l'ouverture de discussions sur ce sujet.

Hors de Grèce, dans le reste de la zone euro, la journée de jeudi a marqué un moment de répit, après un test important réussi par la France et l'Espagne sur les marchés.

Madrid est parvenu à emprunter beaucoup plus que le montant espéré, et à des taux réduits sur l'échéance à dix ans, la plus sensible pour les marchés. Et Paris a emprunté confortablement près de 9,5 milliards d'euros, avec des taux également en baisse.

Ces emprunts avaient valeur de test, moins d'une semaine après l'abaissement par l'agence de notation Standard and Poor's des notes de neuf pays de la zone euro.

Cet abaissement en série avait fait craindre une hausse du coût des emprunts de ces Etats sur le marché de la dette, et une nouvelle dégradation de la crise qui mine la zone euro depuis décembre 2009.

L'agence de notation a expliqué sa décision en jugeant notamment que la gouvernance en Europe n'est pas à la hauteur de la grave crise qu'elle traverse.

Ce qui a mobilisé les énergies à Bruxelles pour faire avancer le projet de ratification du pacte budgétaire renforçant la discipline en zone euro, qui doit être finalisé pour le sommet européen du 30 janvier.

Selon un projet obtenu par l'AFP jeudi soir, la zone euro a convenu de lier ses aides futures à la ratification du nouveau pacte budgétaire qui prévoit notamment l'instauration d'une règle d'or sur le retour à l'équilibre budgétaire et des sanctions quasi-automatiques contre les Etats laxistes.

En liant la ratification du pacte budgétaire et l'accès aux aides du fonds permanent de stabilité (MES) les Européens semblent avoir accédé à une demande de l'Allemagne qui dit avoir besoin de ces conditions pour faire accepter à son opinion la solidarité financière avec les pays fragiles comme la Grèce.

Le projet de texte prévoit aussi que la Cour européenne de justice pourra imposer des sanctions financières chiffrées si elle juge qu'un Etat n'a pas correctement mis en place la règle d'or.

La Chancelière Angela Merkel a reçu jeudi ses homologues portugais, suèdois et autrichien pour évoquer le sujet.

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