L'agence de notation financière Moody's a annoncé mercredi qu'elle envisageait de baisser la note de solvabilité de la banque allemande Commerzbank, la deuxième et plus fragile des grandes banques privées du pays, qui dérapait en Bourse.
Moody's a "placé sous surveillance pour un possible abaissement" la note "A2" de dette à long terme et "Prime-1" de dette à court terme de Commerzbank.
A la Bourse de Francfort l'action Commerzbank chutait de 4,6% à 1,369 euro à 08H40 GMT, sur un indice Dax en recul de près de 0,7%.
Moody's a justifié sa décision en particulier à cause des inquiétudes sur la solidité de la filiale de Commerzbank spécialisée dans le financement immobilier et la dette souveraine, Eurohypo.
Cette filiale, qui ne s'est jamais vraiment remise de la crise financière de 2008 et qui est très exposée à la crise grecque, est une épine dans le pied de Commerzbank, sommée par la Commission européenne de s'en débarrasser d'ici 2014 en contrepartie des aides publiques reçues par l'établissement.
Commerzbank, contrôlée par l'Etat allemand qui détient 25% du capital plus une action, suscite des inquiétudes récurrentes depuis plusieurs années.
Elle s'évertue actuellement à renforcer son capital, conformément aux demandes du superviseur bancaire européen (EBA).
Le quotidien allemand Die Welt assure mercredi, sur la base de "sources bien informées", que la banque a besoin d'au moins 6 milliards d'euros de capital frais d'ici le 30 juin prochain, au lieu des 5,3 milliards d'euros prévus jusqu'ici.
La raison en est la négociation en cours entre la Grèce et ses créanciers privés, dont Commerzbank, qui pourraient se voir infliger des pertes plus importantes que prévu sur leurs portefeuilles d'obligations grecques.
Commerzbank assure jusqu'ici qu'elle arrivera seule à renflouer ses caisses, sans l'aide de l'Etat, mais en procédant à des conversions de capital hybride en fonds propres durs, et via des cessions d'actifs.
Allianz, son deuxième grand actionnaire après l'Etat fédéral, a déjà été approché afin qu'il convertisse 750 millions d'euros de capitaux hybrides en actions, selon la presse allemande.
Par ailleurs, le transfert des actifs pourris de Eurohypo dans une structure de défaisance externe ("bad bank") couverte par l'Etat fédéral ne serait plus à l'ordre du jour, selon plusieurs sources proches du dossier interrogées par l'agence Dow Jones Newswires.
A la place, Commerzbank songe plutôt à intégrer les parties saines de Eurohypo et liquider le reste, selon ces sources. Mais pour convaincre la Commission européenne l'appui de l'Etat fédéral est nécessaire.