Le pétrole se repliait légèrement mercredi à New York à la fermeture, dans l'attente du rejet par l'administration Obama de la construction d'un oléoduc controversé en Amérique du Nord, et alors que restaient vives les inquiétudes au sujet de l'Iran et de la zone euro.
Le baril de "light sweet crude" pour livraison en février a terminé à 100,59 dollars sur le New York Mercantile Exchange, en baisse de 12 cents par rapport à la veille.
"Le président Obama va mettre mettre fin au projet de l'oléoduc Keystone et il y a un peu de confusion (parmi les investisseurs) sur ce qu'il va se passer par la suite et quand cela va se passer, ce qui fait baisser les prix", a expliqué Phil Flynn, de PGFG Best.
L'administration du président Barack Obama a effectivement annoncé peu après le rejet du projet de construction de l'oléoduc géant controversé Keystone XL entre les Etats-Unis et le Canada.
Sous la pression des écologistes, l'administration américaine avait reporté ce projet à 2013 pour réaliser une étude supplémentaire sur l'environnement, au grand dam des adversaires républicains du président démocrate Barack Obama qui souhaitent que le projet soit approuvé.
L'oléoduc doit courir sur 2.700 km entre la province canadienne de l'Alberta et le Golfe du Mexique, pour un coût de sept milliards de dollars. Le projet devrait créer 20.000 emplois américains et injecter 20 milliards de dollars dans l'économie américaine, selon TransCanada.
Par ailleurs, la perspective d'un éventuel report de six mois d'un embargo complet de l'Union européenne sur le brut iranien, qui impliquerait une mise en place progressive et donc moins brutale pour le marché du pétrole, tirait également les prix vers le bas, notait M. Hufton.
Un sommet européen doit décider le 23 janvier des modalités de cet embargo. De son côté, le ministre irakien du Pétrole, Abdel Karim al-Luaybi, a annoncé qu'il se rendrait jeudi en Iran pour tenter d'apaiser les tensions entre Téhéran et les pays occidentaux.
Autre facteur de nature à freiner l'enthousiasme des investisseurs: l'Agence internationale de l'Energie (AIE) a revu mercredi en nette baisse, pour le cinquième mois d'affilée, sa prévision de demande mondiale de pétrole pour 2012 en raison de la crise économique qui sévit notamment en Europe.
Selon son rapport mensuel, la consommation de brut s'établirait à 90 millions de barils par jour (mbj) cette année, soit 0,2 mb/j de moins que prévu le mois dernier, ce qui représentera une progression de 1,2% par rapport à 2011.
"Le marché est donc relativement attentiste, les investisseurs veulent des précisions sur toutes ces informations", a résumé M. Flynn.