La Bourse de Paris a terminé en hausse mardi (+1,40%), au plus haut depuis fin octobre 2011, grâce à des indicateurs économiques rassurants notamment en Chine et après plusieurs emprunts de court terme réussis en zone euro.
Le CAC 40 a pris 44,99 points à 3.269,99 points, dans un volume d'échanges de 2,756 milliards d'euros. La veille, il avait gagné 0,89%.
Parmi les autres places boursières européennes, Francfort a pris 1,82%, Londres 0,65% et l'Eurostoxx 50 1,49%.
Le marché parisien a conclu une seconde séance de hausse d'affilée, qui vient confirmer un certain soulagement des investisseurs depuis que l'agence de notation Standard and Poor's a privé la France de son triple A vendredi soir.
Le CAC 40 évolue désormais à son plus haut niveau à la clôture depuis le 28 octobre 2011 (3.348,63 points).
Depuis l'annonce de la vague de dégradations en Europe par Standard and Poor's, le marché s'est "libéré et peut enfin s'intéresser à d'autres éléments", souligne Xavier de Villepion, vendeur d'actions chez Global Equities.
Symbole de cette accalmie, les taux obligataires des pays les plus fragiles se détendaient nettement depuis vendredi soir, tandis que ceux de la France étaient presque stables.
Cette impression était renforcée par le succès de plusieurs emprunts de court terme mardi, qui ont suscité une forte demande des investisseurs.
"On commence à avoir un retour assez favorable sur des emprunts de très court terme. Clairement, il y a un dégel du marché des obligations souveraines", estime Renaud Murail, gérant chez Barclays Bourse.
L'Espagne a levé 4,88 milliards d'euros, la Grèce 1,625 milliard et le Fonds européen de stabilité financière (FESF), qui vient de perdre son triple A, 1,5 milliard.
En dehors de ces émissions, les marchés ont accueilli favorablement plusieurs indicateurs macroéconomiques dans le monde.
Mardi matin, la Chine a publié une croissance de 8,9% au quatrième trimestre 2011 et 9,2% sur l'ensemble de l'année, un chiffre certes en baisse mais supérieur aux attentes du marché.
Par la suite, les investisseurs ont été rassurés par le bond du baromètre ZEW, qui mesure les attentes des milieux financiers pour l'économie allemande, en janvier et qui est ressorti au-dessus des attentes.
Par ailleurs, l'activité manufacturière de la région de New York s'est accélérée, pour le second mois d'affilée. Dans la foulée, Wall Street a ouvert en hausse, une tendance qui a soutenu les marchés européens dans l'après-midi.
"Cela va dans le sens d'une économie américaine qui tient mieux qu'estimé", pour M. Murail.
Pour l'heure, les marchés grimpent, mais "la Grèce pourrait revenir au centre des débats", prévient le gérant, à la veille de la reprise des discussions avec les créanciers privés sur l'effacement d'une partie de la dette grecque.
Parmi les valeurs, les banques ont terminé dans le vert, alors qu'elles sont sous la menace de Standard and Poor's, après la dégradation de la France.
BNP Paribas a pris 0,57% à 32,49 euros, Crédit Agricole 0,92% à 4,29 euros et Société Générale 1,90% à 16,86 euros.
De son côté, Casino a bondi (+7,37% à 67,13 euros), dopée par la progression de son activité en 2011.
EDF (+1,15% à 18,02 euros) n'a pas souffert de l'abaissement de sa note par SP. SP a maintenu la note d'ADP mais l'a placée sous perspective négative (+2,06% à 55,89 euros).
Alstom a gagné 1,31% à 24,68 euros, malgré la dégradation de sa note par Moody's.
Lafarge s'est nettement redressé et a pris 3,89% à 29,52 euros après sa forte baisse de la veille.
Edenred (-1,24% à 19,08 euros) a souffert malgré la hausse de son chiffre d'affaires de 6,9% en 2011, à 1,03 milliard d'euros, qui lui a permis de confirmer son objectif de résultats pour l'exercice écoulé.
Enfin, Soitec a perdu 0,93% à 4,25 euros après avoir confirmé sa prévision d'une perte opérationnelle "significative" pour son exercice décalé 2011.