Le redressement de l'économie irlandaise est tributaire de la crise actuelle dans la zone euro, mais le pays ne devrait pas avoir besoin d'une nouvelle aide internationale, a affirmé à l'AFP le ministre irlandais des Finances Michael Noonan.
"Une grande incertitude règne en Europe. Tant que cette incertitude ne se dissipe pas et que les politiques européennes n'apportent pas plus de stabilité à la zone euro, nous serons inquiets pour notre taux de croissance", a expliqué M. Noonan dans une interview mercredi.
Après un brusque trou d'air constaté au 3e trimestre de l'an dernier, "nous pensons que l'économie a recommencé à croître en 2012, tirée par les exportations", a-t-il néanmoins assuré.
Selon des chiffres officiels publiés mercredi, l'excédent commercial irlandais a bondi de 16% au mois de novembre pour atteindre 4,31 milliards d'euros, un record historique.
L'Irlande, a répété M. Noonan, reste sur les rails "pour tenir tous ses engagements" pris lors de la conclusion fin 2010 d'un plan d'aide international de 85 milliards d'euros avec l'Union européenne et le Fonds Monétaire international (FMI),
Le pays, dont les finances ont été plombées par le coût faramineux du sauvetage des banques, avait ainsi évité la faillite. Mais il a dû adopter en contre-partie plusieurs budgets d'austérité particulièrement sévères.
M. Noonan a redit que l'Irlande souhaitait pouvoir retourner emprunter sur les marchés dès que possible, sans toutefois avancer de date.
Il a aussi rejeté les "spéculations" de certains économistes selon lesquelles Dublin pourrait être contraint de demander une nouvelle aide internationale en 2013 pour financer son déficit.
"Le programme n'a débuté qu'il y a un an, et nous avons encore deux ans devant nous", a dit le ministre, en soulignant que ce programme avait jusqu'à présent "rempli tous ses objectifs", notamment en matière de réduction du déficit.
Celui-ci devrait descendre à 10,3% du produit intérieur brut (PIB) en 2011, contre 32,4% en 2010, et le pays s'est engagé à atteindre 8,6% cette année avant de passer sous la barre des 3% en 2015. Mais, selon les experts, un retour en récession de la zone euro risque de rendre illusoires de tels objectifs.
"Quel serait l'intérêt de préparer un second programme d'aide alors que nous appliquons avec succès le premier?", a demandé M. Noonan.
Des représentants de l'UE et du FMI se trouvent actuellement à Dublin pour faire une nouvelle évaluation du programme de redressement mis en oeuvre par le gouvernement, et doivent faire un point en public jeudi avant leur départ.
Le FMI comme l'UE ont jusqu'à présent salué les efforts de l'Irlande, considérée comme le "bon élève" parmi les trois pays européens, avec la Grèce et le Portugal, ayant bénéficié d'une aide internationale