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Les marchés peu surpris par Standard and Poor's, Sarkozy visite Madrid

Lundi 16 Jan 2012 à 11:13

Les marchés accueillaient lundi avec soulagement et sans surprise la dégradation de neuf pays européens par l'agence de notation Standard and Poor's, une décision anticipée, mais qui vient rappeler que la crise de la dette en zone euro est loin d'être réglée.

Les places boursières ne tremblaient pas lundi matin et s'incrivaient même en hausse pour certaines. Vers 10H45 (09H45 GMT), la Bourse de Paris perdait 0,31% et Madrid 0,16% tandis que Francfort prenait 0,21% et Milan 0,20%.

Cette sérénité des investisseurs s'expliquait également par la fermeture des marchés américains lundi en raison d'un jour férié, qui privait les Bourses de nombreux intervenants.

"L'annonce de vendredi a probablement été anticipée par les investisseurs. Cependant, il est évident qu'elle ne rend pas plus simple le règlement de la crise", indiquent les économistes du bancassureur néerlandais ING.

"C'est une épée de Damoclès en moins", renchérit Franklin Pichard, directeur de Barclays Bourse.

L'agence de notation, qui avait prévenu de ses intentions mi-décembre, a mis à exécution sa menace vendredi soir, en considérant que les mesures mises en place pour contrer la crise n'étaient pas suffisantes.

La France et l'Autriche ont perdu un cran et se trouvent privées de leur triple A, tandis que l'Italie et l'Espagne ont vu leur note abaissé de deux crans. L'Allemagne en revanche a été épargnée et conserve son AAA.

"L'environnement politique dans la zone euro n'a pas été à la hauteur des défis croissants engendrés par la crise", a résumé samedi Moritz Kraemer, le responsable de l'agence pour la notation des dettes européennes.

S&P juge en particulier insuffisante une approche axée principalement sur le renforcement de la discipline commune en Europe, comme le prévoit le projet de nouveau traité budgétaire.

L'euro de son côté s'affichait encore en baisse lundi matin, digérant lentement la dégradation de la note de neuf pays de la zone euro. Vers 11H00 (10H00 GMT), l'euro valait 1,2650 dollar contre 1,2677 dollar vendredi vers vers 22H00 GMT.

C'est dans ce contexte que lundi, le président français Nicolas Sarkozy sera le premier hôte étranger reçu à Madrid par Mariano Rajoy, le chef du nouveau gouvernement conservateur.

Cette réunion est la première rencontre entre responsables européens depuis les sanctions de S&P. Les deux dirigeants devraient notamment échanger sur la gouvernance européenne et la modification des traités.

Comme les places boursières, le marché de la dette des Etats en Europe était quasi stable lundi matin, témoignant du calme des investisseurs. Les taux d'emprunt des principaux pays de la zone euro évoluaient dans de très faibles marges.

Les prochaines émissions de dette en zone euro seront scrutées, à commencer par un emprunt de court terme de la France dans l'après-midi.

"Les investisseurs vont clairement avoir le regard figé sur l'évolution des taux d'intérêt dans la zone euro et particulièrement en Italie et en France", prévient le courtier Aurel BGC.

La décision de S&P fait figure de piqûre de rappel pour la zone euro, alors que les premières émissions de dette de l'année, ainsi que les prêts exceptionnels aux banques de la Banque centrale européenne (BCE) avaient rassuré et redonné un peu d'espoir.

La conséquence la plus immédiate concerne le Fonds européen de stabilité financière (FESF), principal outil pour venir en aide aux pays en difficulté et qui emprunte à bon compte grâce à son triple A.

Cette note ne tient plus qu'à un fil après la dégradation de la France, un des plus gros contributeurs du FESF, alors que plusieurs pays s'interrogent désormais sur son renflouement, même si l'Allemagne refuse de remettre au pot.

Pour Ciaran O'Hagan, stratégiste chez Société Générale CIB, qui craint les effets collatéraux de la décision de S&P, "les investisseurs s'inquiètent toujours du fait que l'Europe manque d'un programme sérieux de réduction des déficits et d'un mécanisme de secours solide".

La zone euro n'est pas au bout de ses peines, d'autant que le dossier grec est revenu sur le devant de la scène, avec un risque accru de faillite.

Pour l'heure suspendues, les négociations avec les banques sur l'effacement de la moitié de la dette grecque qu'elles détiennent, doivent reprendre mercredi. La veille, la troïka Commission européenne-BCE-FMI est attendu à Athènes pour évaluer les efforts du gouvernement pour assainir le pays.

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