Les cours du cacao ont bondi de plus de 12% cette semaine, alors que des vents secs alimentent les inquiétudes sur la récolte de fèves brunes en Côte d'Ivoire, les prix du café se reprenant également sur fond de prévisions mitigées sur l'offre sud-américaine.
CACAO
Les prix de la fève brune se sont repris vigoureusement cette semaine, après des mois de dégringolade: ils s'étaient effondrés de 50% entre mars et décembre 2011, en raison d'une récolte record en Côte d'Ivoire, premier pays exportateur avec plus de 35% de l'offre mondiale.
Or, la production ivoirienne de cacao pour la saison 2011-2012 ne devrait pas réitérer cette performance: depuis le début de la saison en octobre, le volume total de cacao parvenu aux ports ivoiriens est en recul de 3,5% par rapport à la même période un an plus tôt, selon la revue spécialisée Public Ledger.
Le phénomène s'est récemment accéléré, angoissant les investisseurs. Seules 35.000 tonnes de fèves sont arrivées entre le 1er et le 8 janvier dans les ports, contre plus de 82.000 tonnes un an auparavant, estime le Public Ledger.
"Les conséquences de l'harmattan et de la sécheresse pèsent sur les récoltes" et explique ce ralentissement de la production ivoirienne, a expliqué Sudakshina Unnikrishnan, analyste de Barclays Capital.
L'harmattan est un vent sec et chargé de sable, soufflant du Sahara au golfe de Guinée, affectant sévèrement les plantations de cacao.
Les opérateurs s'inquiétent par ailleurs de l'impact possible de la grève générale, sur fond de violentes tensions religieuses, au Nigeria -- 4e producteur mondial de cacao (5% de l'offre).
Enfin, les investisseurs pouvaient être tentés par des achats à bon compte après le plongeon des prix ces derniers mois.
Dans ce contexte, les cours de la tonne de cacao a bondi de 18% entre lundi et mercredi, grimpant à des niveaux plus vus depuis mi-novembre, avant de limiter ses gains.
Le marché était toutefois refroidi vendredi par des chiffres sur la consommation européenne: selon l'Association européenne du cacao (ECA), fédération des professionnels du secteur, les concassages ont représenté 349.355 tonnes au quatrième trimestre 2011, en baisse de 7% par rapport au trimestre précédent.
Sur le Liffe de Londres, la tonne de cacao pour livraison en mars valait 1.515 livres vendredi vers 13H00 GMT, contre 1.329 livres la semaine précédente vers la même heure.
Sur le NYBoT-ICE américain, le contrat pour la même échéance valait 2.280 dollars la tonne contre 2.021 dollars sept jours auparavant.
CAFE
Les cours du robusta ont sensiblement rebondi cette semaine, aidés notamment par des signaux encourageants sur la situation de la zone euro.
Le fléchissement du dollar face à un euro revigoré rendait notamment plus attractifs les achats de matières premières, libellées dans la monnaie américaine, pour les investisseurs munis d'autres devises.
Les inquiétudes persistantes sur les récoltes en Colombie, menacées par des pluies diluviennes, contribuaient par ailleurs à doper le cours de l'arabica.
Mais ce mouvement pourrait ne pas durer: le Brésil (1er producteur mondial) devrait en effet enregistrer en 2012 une récole record de café, entre 49 et 52,2 millions de sacs (de 60kg), selon des prévisions officielles publiées mercredi.
Sur le Liffe de Londres, la tonne de robusta pour livraison en mars valait 1.894 dollars vendredi vers 13H00 GMT contre 1.755 dollars le vendredi précédent.
Sur le NYBoT-ICE à New York, la livre d'arabica pour livraison en mars cotait 234,70 cents contre 219,30 cents la semaine précédente.
SUCRE
Les cours du sucre continuaient d'évoluer dans une fourchette étroite, entre 23 et 34 cents la livre à New York, toujours sous la pression d'une offre abondante attendue chez les principaux producteurs, en particulier au Brésil, où une météo humide favorise les récoltes.
Sur le Liffe de Londres, la tonne de sucre blanc pour livraison en mars valait 616,50 dollars vendredi à 13H00 GMT contre 606,80 dollars le vendredi précédent.
Sur le NYBoT-ICE américain, la livre de sucre brut pour livraison en mars cotait 23,35 cents contre 23,36 cents une semaine plus tôt.