Les prix du pétrole continuaient de grimper jeudi en fin d'échanges européens, après avoir atteint à Londres leur plus haut niveau depuis plus de deux mois, soutenus par les tensions géopolitiques en Iran et la menace d'une interruption de la production au Nigeria
Vers 17H10 GMT (18H10 à Paris), le baril de brent de la mer du Nord pour livraison en février s'échangeait à 113,48 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 1,24 dollar par rapport à la clôture de mercredi.
Il est grimpé jusqu'à 115,12 dollars vers 14H30 GMT, son plus haut niveau depuis le 9 novembre, avant de limiter ses gains.
Sur le New York Mercantile Exchange, le baril de "light sweet crude" (WTI) pour la même échéance progressait quant à lui de 88 cents à 101,75 dollars.
Après avoir trébuché la veille, plombés par un regain d'inquiétude sur la crise de la zone euro et un rebond inattendu des stocks de brut américain, les prix du baril ont regagné du terrain jeudi, à mesure que revenaient au premier plan les menaces sur l'offre mondiale d'or noir.
Les prix du baril "ont bondi à cause des inquiétudes sur la production au Nigeria, alors que des syndicats évoquent désormais une interruption des champs pétroliers du pays", a souligné Michael Hewson, analyste du courtier CMC.
Les syndicats du pétrole du Nigeria ont menacé jeudi d'arrêter la production à partir de dimanche en soutien à la grève générale contre la hausse des prix des carburants qui paralyse le pays depuis le début de la semaine.
Mais une rencontre était prévue avec le président Goodluck Jonathan avant que la production du premier pays pétrolier d'Afrique ne soit touchée, tempérant quelque peu l'angoisse des marchés.
Le Nigeria pompe 2,10 millions de barils par jour (mbj), environ 2,4% de la consommation mondiale.
Par ailleurs, face à un euro revigoré par de bonnes émissions obligataires en Espagne et en Italie, ainsi que par des commentaires encourageants du président de la Banque centrale européenne (BCE), le fléchissement du dollar a également contribué à aider les cours du baril, ajoutait M. Hewson.
Un dollar déprécié rend plus attractifs les achats de brut, libellés dans la monnaie américaine, pour les détenteurs d'autres devises.
Enfin, les tensions entre l'Iran et les pays occidentaux continuaient d'alimenter la nervosité des opérateurs.
Ainsi, la présidence danoise de l'Union Européenne (UE) a indiqué mercredi qu'un nouveau train de sanctions européennes serait décidé le 23 janvier, après l'annonce du lancement de la production d'uranium enrichi sur un second site iranien.
Alors que les pays de l'UE doivent s'accorder le 23 janvier sur les modalités d'un embargo contre le brut iranien, le Japon, deuxième pays importateur (après la Chine) de pétrole iranien, a annoncé jeudi son intention de réduire lui aussi ses importations pour intensifier la pression sur Téhéran.
Cependant, "le marché devrait rester très volatil, alors que, sur le front de la demande, l'attention continue de se tourner vers la zone euro, et les inquiétudes économiques pourraient à nouveau peser légèrement sur les cours", avertissait Andrey Kryuchenkov, analyste de VTB Capital.
"Sans le risque majeur d'approvisionnement et les primes de risque associées, le prix du pétrole serait considérablement plus faible", estimaient de leur côté les analystes de Commerzbank.