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La Grèce déroule le tapis rouge pour attirer les investissements étrangers

Jeudi 12 Jan 2012 à 14:58

Les forums d'investisseurs, gréco-américains, allemands, russes, émiratis se succèdent à grande vitesse en Grèce. La plupart dans le décor paradisiaque d'un hôtel de luxe au bord de la mer Egee. La Grèce est à vendre.

Le dernier forum du genre, près du cap Sounion face à la mer, à 50 kilomètres au sud d'Athènes, a réuni mercredi et jeudi une délégation composée d'une cinquantaine de grandes sociétés des Emirats Arabes Unis pilotée par le ministre émirati des Affaires étrangères, cheikh Abdallah ben Zayed Al-Nahyane.

A la tribune, courtois vis-à-vis de ses hôtes grecs, le ministre a chanté les louanges de la coopération et des grands philosophes grecs de l'Antiquité, en souhaitant que le beau temps -pluie et neige- que connaît actuellement la Grèce arrive aussi dans son pays.

A la pause-café, les discussions prennent un tour nettement plus concret. "Je cherche la liste des sociétés privatisables, vous l'avez?" demande le responsable d'un groupe émirati spécialisé dans les énergies renouvelables à un haut fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères grec, légèrement interloqué par le ton direct de la question.

Dans chacun de ces forums, le ministre du Développement Michalis Chrissohoïdis vante les vertus de la Grèce, sa qualité de vie, son soleil, son haut niveau d'éducation et la qualité de son alimentation.

Face à la violence de la crise financière et économique, même la plus petite information est positivée pour rassurer les investisseurs potentiels.

Ainsi, alors que le pays attend une délégation de ses créanciers institutionnels (BCE-UE-FMI) pour mettre au point le nouveau programme d'ajustement budgétaire, l'annonce d'un déficit public pour 2011 plus élevé que prévu, mais avec un écart moindre que redouté, fait figure de quasi bonne nouvelle.

"Les Emirats ont envoyé une délégation de très haut niveau, avec des groupes de premier plan dans le domaine des énergies vertes, de l'aluminium, des infrastructures portuaires et aéroportuaires, des services financiers, et du tourisme, mais ils veulent avoir une image claire de la situation" du pays avant d'investir, reconnaît-on côté grec.

L'un des forums les plus importants du genre a eu lieu à l'automne 2011, avant la chute du gouvernement socialiste Georges Papandréou, à l'initiative du patronat allemand à la recherche d'opportunités ou de bonnes affaires dans des domaines aussi divers que les énergies renouvelables ou la création de maisons de santé pour personnes âgées sur les côtes égéennes.

A la mi-décembre, un autre grand raout a suivi à Athènes, organisé par la chambre de commerce gréco-américaine, avec la participation du nouveau Premier ministre désigné, l'ex-banquier central Lucas Papademos.

L'ambiance était plus amicale, grâce aux liens tissés par l'importante diaspora grecque aux Etats-Unis. En conclusion, M. Papademos a appelé ses interlocuteurs à réfléchir à une phrase paraphrasant celle du président américain John Kennedy: "Et vous, qu'avez vous fait pour votre pays?".

Après les Emirats, un autre forum du même type est prévu le 20 janvier avec le Qatar.

Les investisseurs de cette partie du monde sont bien reçus en Grèce, "ils ne demandent pas la direction" des groupes dans lesquels ils investissent, "ils demandent seulement des garanties sur la rentabilité", explique le vice-premier ministre Theodoros Pangalos.

Néanmoins les retombées concrètes se font attendre. La Chine a bien investi au Pirée, le Qatar a racheté des mines d'or et investi dans deux banques. Mais aucun projet d'envergure n'est lancé, même si la commission chargée des privatisations continue de faire avancer les projets. La crise, pas seulement en Grèce, rend les investisseurs prudents.

Avec les Emirats les discussions les plus sérieuses ont eu lieu dans deux domaines inattendus, l'aluminium, car la Grèce est détentrice d'un savoir-faire hérité de Pechiney, et la pisciculture.

"Ils ont été si intéressés par ce forum (...) qu'ils en ont couvert tous les frais" s'est réjoui le vice-premier ministre, en traçant un bilan jeudi.

Pour le député socialiste Spyros Kouvellis, ex-secrétaire d'Etat aux relations économiques internationales, "si la Grèce peut montrer aujourd'hui qu'il y a une base de stabilité, et peut ôter des esprits la peur d'une sortie de l'euro, nous aurons une bonne base pour démarrer".

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