Les cours du pétrole grimpaient jeudi en Asie, soutenus par les tensions géopolitiques en Iran et la crise au Nigeria, qui font craindre de possibles perturbations dans l'approvisionnement de brut, ont indiqué des analystes.
Le baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en février s'appréciait de 45 cents à 101,32 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex).
A Londres, le baril de brent de la mer du Nord pour même échéance gagnait 73 cents, à 112,97 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE).
"Les sanctions USA/Europe contre l'Iran semblent devoir se durcir avec pour effet de pousser des investisseurs asiatiques à envisager des sources d'approvisionnement alternatives", indiquait Sanjeev Gupta, chez Ernst & Young.
"La menace iranienne d'interrompre la navigation dans le détroit d'Ormuz maintient les marchés en haleine, surtout sur les marchés asiatiques", le détroit étant une voie importante pour le transport de brut vers la région, a-t-il ajouté.
L'Union Européenne et les Etats-Unis ont décidé récemment d'accroître la pression sur l'Iran pour contraindre ce pays à renoncer à ce qu'ils soupçonnent être un programme d'armes nucléaires sous le couvert d'un projet civil.
Les pays de l'UE ont décidé sur le principe au début du mois d'instaurer un embargo pétrolier contre l'Iran.
La présidence danoise de l'UE a indiqué mercredi qu'un nouveau train de sanctions européennes musclées serait décidé le 23 janvier, après l'annonce du lancement de la production d'uranium enrichi à 20% sur un second site iranien, Fordo, à 150 km au sud-ouest de Téhéran.
Téhéran a menacé de fermer le détroit d'Ormuz, par lequel transitent 35% du trafic maritime pétrolier mondial.
L'assassinat mercredi d'un responsable nucléaire iranien dans l'explosion de sa voiture, attribué par Téhéran à Israël et aux Etats-Unis, ajoute à la crise.
Les investisseurs sont également inquiets des développements au Nigeria confronté à des affrontements religieux et à des manifestations contre la hausse des carburants.
La grève général qui paralyse le pays était sur le point de s'étendre au secteur clé du pétrole. Les deux syndicats de travailleurs du pétrole ont menacé pour la première fois depuis le début de ce mouvement social d'interrompre la production de brut.
Le Nigeria est le plus gros producteur de brut d'Afrique devant l'Angola avec près de 2,4 millions de barils par jour.
Mercredi, le baril de "light sweet crude" avait perdu 1,37 dollar par rapport à la veille, finissant à 100,87 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex).
A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour même échéance avait fini à 112,24 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE), en baisse de 1,04 dollar.