Les prix du pétrole se repliaient mercredi en cours d'échanges européens, pénalisés par une forte hausse des stocks de brut aux Etats-Unis, et par un regain d'inquiétude sur la zone euro, à la veille de la décision de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE).
Vers 17H00 GMT (18H00 à Paris), le baril de brent de la mer du Nord pour livraison en février s'échangeait à 113,02 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en baisse de 24 cents par rapport à la clôture de mardi.
Sur le New York Mercantile Exchange, le baril de "light sweet crude" (WTI) pour la même échéance cédait en revanche 56 cents à 101,68 dollars.
"Il y a un regain de craintes concernant la fragilité économique de la zone euro, ce qui à poussé certains investisseurs à prendre quelques bénéfices dans des conditions d'échanges assez volatiles", soulignait Myrto Sokou, analyste du courtier Sucden.
Rattrapé par la crise des dettes européennes, le croissance économique allemande a montré des signes de faiblesse fin 2011, laissant redouter une entrée en récession du pays moteur de la zone euro.
Par ailleurs, les craintes sur l'Italie et l'Espagne, qui doivent conduire jeudi des émissions obligataires très attendues, restent vives, et les commentaires de l'agence de notation financière Fitch sur un possible nouvel abaissement de la note italienne ont renforcé la nervosité du marché, précisait Mme Sokou.
De plus, les inquiétudes des cambistes grandissaient à mesure que s'approchait la décision de politique monétaire de la BCE jeudi et surtout dans l'attente des éventuels commentaires sur ses rachats d'obligations de pays de la zone euro, sur le secteur bancaire et les perspectives économiques de l'Union monétaire.
Les prix du pétrole ont par ailleurs fortement creusé leurs pertes après la parution des chiffres hebdomadaires du Département américain de l'Energie, qui sont venues "assombrir les perspectives de la demande énergétique des Etats-Unis", indiquait Brenda Kelly, analyste de CMC Markets.
Selon le DoE, les stocks de brut du pays ont augmenté de 5 millions de barils lors de la semaine achevée le 6 janvier, cinq fois plus qu'anticipé par les analystes, et après un bond de 2,2 millions la semaine précédente.
Les stocks de produits distillés (dont le gazole et le fioul de chauffage) ont quant à eux augmenté de 4 million de barils, et les stocks d'essence de 3,6 millions de barils - bien plus que prévu.
Cependant, après avoir lâché près de 1,70 dollar à New York et de 1,20 dollars à Londres, les cours du baril ont amorcé un rebond soutenu par les tensions sur l'offre.
En Iran, la mort d'un responsable du programme nucléaire dans l'explosion de sa voiture mercredi a ravivé les tensions entre les autorités iraniennes et les Etats-Unis, alors que Téhéran menace toujours de fermer le détroit stratégique d'Ormuz - par lequel transitent 35% du trafic maritime pétrolier mondial.
Par ailleurs, au Nigeria, premier pays africain producteur de brut, les troubles liés à de violents affrontements religieux et aux manifestations contre la hausse des prix des carburants se poursuivaient pour le troisième jour, un syndicat de travailleurs du pétrole menaçant pour la première fois d'interrompre la production de brut.
"Si jamais cette menace venait à se concrétiser, cela tempérerait nécessairement tout recul des cours du baril, étant donné que le Nigeria est un fournisseur majeur pour les Etats-Unis et l'Europe", commentait Mme Kelly.