Les constructeurs automobile américains célébraient lundi à l'ouverture du salon de Detroit leur "réinvention", trois ans après une crise qui a failli faire disparaître deux d'entre eux, tous les yeux se tournant en particulier sur le segment en forte croissance du luxe.
"Nous célébrons la résurgence de l'industrie automobile mondiale et de l'industrie automobile américaine en particulier", a déclaré le ministre américain des Transports Ray LaHood en ouvrant le salon.
"Aujourd'hui, les trois constructeurs de Detroit affichent des bénéfices pour la première fois depuis 2004, ils gagnent des parts de marché pour la première fois depuis 1988 et ils ajoutent des équipes et créent des emplois", a remarqué M. LaHood.
"L'industrie automobile américaine s'est réinventée pour le 21e siècle", s'est-il félicité, appelant à "se souvenir où en était ce secteur il y a trois ans", quand GM et Chrysler étaient "au bord de la liquidation" et que "400.000 emplois ont disparu en quelques mois".
Sergio Marchionne, patron de Chrysler, n'a pas manqué de souligner les progrès fait par le constructeur. "Nous générons des liquidités, la maison est en bon ordre", a lancé celui qui dirige aussi l'italien Fiat.
2011 aura aussi été marquée par un changement dans le classement des constructeurs mondiaux. Le japonais Toyota, frappé de plein fouet par le séisme au Japon en mars et les inondations en Thaïlande à l'automne, a perdu son titre de numéro un mondial, qui devrait revenir soit à l'allemand Volkswagen (avec plus de 8 millions de véhicules vendus) soit à l'américain General Motors.
Alors que le marché européen de l'automobile est déprimé, les Etats-Unis sont redevenus un marché de croissance pour le secteur.
Constructeurs et analystes tablent sur des ventes de 13,5 à 14,5 millions de voitures aux Etats-Unis en 2012, contre 12,8 millions d'unités en 2011. Cela reste toutefois largement inférieur aux 15 à 17 millions de véhicules par an vendus pendant la dizaine d'années précédant l'effondrement du marché automobile en 2008.
Les constructeurs allemands, dont la part de marché est montée à 8,2% l'an dernier, espèrent bien prendre leur part du gâteau. "Nous nous attendons à ce que 2012 soit de nouveau une bonne année", a déclaré le président de la fédération automobile allemande VDA, Matthias Wissmann.
Au niveau mondial, les ventes de voitures devraient augmenter de 70 millions d'unités en 2012 à 110 millions en 2020, a prédit dimanche à Detroit le directeur général de Mercedes, Dieter Zetsche.
"Une part disproportionnée de cette croissance ira vers le segment haut de gamme", a-t-il ajouté, soulignant l'importance que prend le marché des voitures de luxe, dominé dans le monde entier par les constructeurs allemands, et notamment aux Etats-Unis où ils ont détrôné Toyota et son enseigne Lexus l'an dernier.
Les marques de luxe américaines comme Cadillac et Lincoln, filiales respectives de GM et Ford, peinent à se faire une place sur ce marché en forte croissance.
Ces marques qui jadis incarnaient l'idée même de la voiture de luxe mais ont laissé leur qualité dériver avant la crise doivent regagner leurs lettres de noblesse, notamment en s'attaquant au segment des modèles entrée de gamme.
Cadillac a ainsi présenté dimanche, à la veille de l'ouverture du salon de l'automobile de Detroit, sa nouvelle berline sport ATS 2013, "destinée à rivaliser avec les meilleures voitures haut de gamme du monde" sur le "segment crucial" des compactes comme la BMW série 3, la Mercedes classe C et l'Audi A4, ont indiqué ses dirigeants.
Lincoln doit pour sa part présenter mardi un prototype MKZ qui va définir sa nouvelle stratégie.
Le salon de l'automobile de Detroit s'ouvre lundi à la presse. Il ouvrira ses portes au grand public du 14 au 22 janvier.