Les prix du pétrole se ressaisissaient mardi en cours d'échanges européens, soutenus par la bonne tenue des Bourses européennes et par les inquiétudes sur l'offre de brut, face aux violentes manifestations au Nigeria et aux tensions croissantes entre l'Iran et les pays occidentaux.
Vers 11H20 GMT (12H20 à Paris), le baril de brent de la mer du Nord pour livraison en février s'échangeait à 113,27 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 82 cents par rapport à la clôture de lundi.
Dans les échanges électroniques du New York Mercantile Exchange, le baril de "light sweet crude" (WTI) pour la même échéance gagnait 1,38 dollar à 102,69 dollars.
Après avoir battu en retraite la veille, pénalisés par les craintes persistantes sur la crise des dettes européennes, les cours du baril regagnaient du terrain mardi, aidés par la bonne performance des places boursières -- stimulées notamment par le début encourageant de la saison des résultats d'entreprises aux Etats-Unis.
Ils profitaient par ailleurs du regain d'inquiétude sur l'offre mondiale d'or noir, menacée notamment par les violences au Nigeria, premier pays producteur d'Afrique.
Le Nigeria est entré mardi dans le deuxième jour d'un mouvement de grève générale illimitée visant à protester contre la flambée du prix des carburants, au lendemain d'une journée marquée par des heurts violents avec les forces de l'ordre.
"La situation au Nigeria semble de plus instable, le pays est peut-être au bord de la guerre civile, et au final, il est fort probable que la production pétrolière sera perturbée au cours des prochaines mois", observait David Hufton, analyste du courtier PVM.
Le cas iranien continue par ailleurs d'inquiéter les investisseurs: les Etats-Unis ont prévenu dimanche qu'ils répondraient par la force si l'Iran cherchait à bloquer le détroit d'Ormuz, passage stratégique par lequel transite 35% du trafic maritime pétrolier mondial.
L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a de son côté avivé les tensions, en annonçant lundi que Téhéran avait commencé la production controversée d'uranium enrichi à 20% sur son site de Fordo, enfoui sous une montagne.
Autre facteur positif pour les marchés pétroliers: les importations chinoises de brut se sont élevés en décembre à 21,9 millions de tonnes, soit une progression de plus de 5% en un an. La Chine, deuxième pays consommateur de brut dans le monde, a vu ses importations grimper de 6% sur l'ensemble de 2011.
"Les importations chinoises devraient rester à des niveaux élevées, étant donné la récente accélération de la cadence des raffineries du pays, et la nécessité de reconstituer les réserves nationales de pétrole", commentaient les analystes de Commerzbank.
"Par ailleurs, comme la Chine a récemment réduit ses importations en provenance d'Iran en raison de différends sur les paiements, elle devra se fournir ailleurs, ce qui contribuera également à faire grimper les prix", ajoutaient-ils.
Les opérateurs gardaient cependant un oeil sur la zone euro, alors qu'une rencontre franco-allemande lundi n'est pas parvenue à rassurer les marchés.
"Il y a eu trop de promesses sans lendemain lors de ces rencontres politiques en Europe", alors que la crise de la dette menace toujours de faire contagion au sein de la zone euro, notait M. Hufton, prévenant que les prochaines émissions obligataires dans l'Union monétaire seraient particulièrement scrutées.